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Promotion pour le développement culturel et social de Madagascar

Publié le par Jeannot Ramambazafy

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
Madagascar Censure: la cybercriminalité comme excuse

Les gars, le régime Rajaonarimampianina vient encore de faire un grand saut dans son néant. En effet, pour tous ses membres, l’urgent, l’important, le prioritaire qui prime sur toutes les autres priorités (dont l’Etat de droit, le respect de la démocratie, la lutte contre toutes les injustices et contre la pauvreté) c’est la défense de leur honneur. Pitoyable (qui fait pitié).

Car ces messieurs-dames ont réussi à corrompre (altérer) jusqu’à la définition du mot cybercriminalité. Rappels.

Définition de cybercriminalité selon wikipédia :

Un cybercrime est une « infraction pénale susceptible de se commettre sur ou au moyen d’un système informatique généralement connecté à un réseau ». Il s’agit donc d’une nouvelle forme de criminalité et de délinquance qui se distingue des formes traditionnelles en ce qu’elle se situe dans un espace virtuel, le « cyberespace ». Depuis quelques années la démocratisation de l’accès à l’informatique et la globalisation des réseaux ont été des facteurs de développement du cybercrime.

Actuellement, on peut regrouper la cybercriminalité en trois types d’infractions :

  • les infractions spécifiques aux technologies de l’information et de la communication : parmi ces infractions, on recense les atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données, les traitements non autorisés de données personnelles (comme la cession illicite des informations personnelles), les infractions aux cartes bancaires, les chiffrements non autorisés ou non déclarés ou encore les interceptions. ;
  • les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication : cette catégorie regroupe la pédopornographie, l’incitation au terrorisme et à la haine raciale internet, les atteintes aux personnes, les atteintes aux biens ;
  • les infractions facilitées par les technologies de l’information et de la communication, que sont les escroqueries en ligne, le blanchiment d’argent, la ou toute autre violation de propriété intellectuelle.

Concernant Madagascar, le projet de loi 006/2014 du 25 mai 2014 sur la cybercriminalité a été discuté à l’Assemblée nationale en séance plénière, le 19 juin 2014, et adopté.

Lors du Conseil des Ministres du 25 juillet 2014, au Palais d’Etat d’Iavoloha, il a été annoncé un décret portant convocation du Parlement en session extraordinaire qui s’ouvrira le 30 juillet 2014. Il est certain que ce projet de loi sur la cybercriminalité sera définitivement entériné et mis en application illico presto, avec, vraisemblablement, effet rétroactif. Et c’est en lisant l’article 20 de cette loi qu’il faut se demander s’il faut vraiment en rire ou en pleurer. De quoi s’agit-il ? Extraits de cet article 20 la loi sur la lutte contre la cybercriminalité à Madagascar :

« L’injure ou la diffamation commise envers les Corps constitués, les Cours, les Tribunaux, les Forces Armées nationales ou d’un État, les Administrations publiques, les membres du Gouvernement ou de l’Assemblée parlementaire,(...), par les moyens de discours, cris ou menaces proférés dans les lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans les lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public, soit par le biais d’un support informatique ou électronique, sera punie d’un emprisonnement de deux ans à cinq ans et d’une amende de 2.000.000 Ariary à 100.000.000 Ariary ou l’une de ces peines seulement ».

D’ici peu donc, je vais me pointer au tribunal avec un dictionnaire dernier cri. En effet, si ces messieurs qui dirigent Madagascar sont forts en paroles et en palabres, il est certain que leur vocabulaire laisse à désirer et que même le mot « imbécile » (dénué d’intelligence) est pour eux une insulte gravissime. Je me marre déjà, même si cet article 20 annonce clairement que c’en est fini de la liberté d’expression dans la Grande île de l’océan Indien. Les U.S.A., l’U.E, RSF… apprécieront ce terrorisme intellectuel d’Etat. Et quid, par exemple, du cas du président de la république, Nicolas Sarkozy, qui a traité une personne de « pauvre con » (la phrase exacte étant : « casse-toi pauvre con ») ? Il faudra l’appréhender et l’enfermer à Antanimora ou Tsiafahy alors ?

En tout cas, le mot « cyber » n’a plus sa place dans cet article 20. Car la notion de « système informatique généralement connecté à un réseau » n’est plus qu’accessoire. Pour dire vrai, c’est une atteinte inacceptable contre la pierre angulaire même de la démocratie qu’est la liberté d’expression et la liberté de presse. Ces messieurs qui dirigent Madagascar n’ont pas digéré leur défaite -il n’y a pas d’autre mot- à propos de l’affaire Jean Luc Rahaga et Didier Ramanoelina. Pauvre, pauvre régime Rajaonarimampianina qui continue à se ridiculiser (être la risée de) aux yeux du monde entier. On verra si ce rétablissement d’une censure durable aidera les bailleurs de fonds à ouvrir grand leur robinet de prêts d’argent. En tout cas, c’est grave docteur Kolo Roger. Il faut vite nous donner un diagnostic sur ce que sont les virus « malagasy injurius » et « malagasy diffamationum ». En tout, il faudra aussi emprisonner tous les Français qui râlent et jurent pour un rien dans les embouteillages à Paris alors !

Bon, j’attends mon procès et rira bien qui rira le dernier. En attendant ce grand jour, je suis en train de relire « Les fourberies de Scapin », une comédie en trois actes de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière (1662-1673). Ahahahaha !

Jeannot Ramambazafy – 29 juillet 2014

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
Madagascar: Avec Henry Rabary-Njaka, François Hollande diminué

Avec le Hery vaovao donc, l'épouse d'un ministre d'Etat peut représenter son mari dans une délégation officielle? C'est réellement nouveau çà ! Cette photo est une preuve du "m'as-tu vu" qui prévaut dans les hautes sphères de ce régime Rajaonarimampien qui ne cesse d'accumuler bévues sur bévues. Et cette photo, qui aurait du rester dans un album à titre de souvenir personnel à la maison, apparait sur le site officiel de la présidence de la IVè république de Madagascar, avec un texte digne de l'ère de Kim Il Sung ! Mais purée ! Je n'ai pas voté pour le candidat n°3 pour ensuite payer le voyage de la femme d'un ministre qui n'était même pas à Paris ce jour-là ! Et Henry Rabary-Njaka ose parler de bonne gouvernance ! Du coup, le président François Hollande parait très minuscule au milieu de ces Malgaches parvenus ("matim-boninahitra") qui se croient tout permis et qui -ce qui est gravissime-, dès lors, salissent encore plus l'image déjà ternie du président Rajaonarimampianina

Jeannot Ramambazafy - 27 juillet 2014

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Publié le par Jeannot Ramambazafy

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
Monsieur le citoyen-ministre Rakotovao Rivo, gonflé d'orgueil très mal placé

Monsieur le citoyen-ministre Rakotovao Rivo, gonflé d'orgueil très mal placé

« Diffamation et publication de nouvelles sans preuve ». Voilà de quoi sont accusés Jean-Luc Rahaga, Directeur de publication du quotidien Madagascar Matin ainsi que son rédacteur en chef. Qui croupissent en prison au moment où je rédige cet article. De quoi s’agit-il réellement ?

Simple convocation anodine qui mène directement en prison le jour même

Simple convocation anodine qui mène directement en prison le jour même

En fait, l’article incriminé est paru dans ce quotidien, le samedi 12 juillet 2014, dans la rubrique « Courrier des lecteurs » sous le titre « Les Messieurs du Bois de Rose ». Son auteur, qui n’est pas journaliste, a signé sous le nom de Mirado Rasolofomanana, sociologue. Il n’est donc pas journalistes mais a usé de sa liberté d’expression. Plusieurs personnalités sont citées dans cet article mais il n’y avait vraiment pas de quoi faire un plat. Par ailleurs, les gens rationnels et qui ont la conscience tranquille ont des réactions logiques et saines. Dans la profession journalistique, cela commence, avant toute chose, par un droit de réponse dans les 24 heures suivant la parution.

Pas de panique Jean Luc: les dirigeants ne font jamais que passer. Nous, les journalistes nous serons toujours présents

Pas de panique Jean Luc: les dirigeants ne font jamais que passer. Nous, les journalistes nous serons toujours présents

Lalatiana Rakotondrazafy, venue supporter Jean Luc Rahaga, au nom du Syndicat des Journalistes de Madagascar

Lalatiana Rakotondrazafy, venue supporter Jean Luc Rahaga, au nom du Syndicat des Journalistes de Madagascar

L’argumentation du citoyen Rivo Rakotovao, devenu ministre par la grâce de son grand ami Hery Rajaonarimampianina s’apparente tout simplement à un abus de pouvoir. Ci-après la transcription de ses déclarations en malgache au sujet de sa plainte, entendues dans la première vidéo ci-dessus, suivie de sa traduction en français.

« Fantatrareo, fantatro fa izany no tianareo hanontaniana. Izaho izao dia nametraka mihitsy fitoriana, aminy maha Rakotovao Rivo ahy. Voatohitohina ny maha-olona ahy. Fa ahoana no lazainao ao amin’ny gazety fa mpangalatra. Ataoko fa tsy izany kosa ny demokrasia, tsy izany ny fahalalahan’ny mpanao gazety. Raha ohatra any amin’ny fitsarana mieritreritra fa manana ny fahadisoana aho, hajaiko ny fitsarana. Tsisy olana mihitsy izany. Fa mieritreritra aho fa zoko ilay izy, amin’ny maha-olona ahy no kitikitian’ilay olona,ary ny maha-minisitra ahy mbola zavatra hafa izany ; fa ny maha-olona ahy, ny nitezaina ahy no ataon’ilay olona tsinontsinona, no ny hevitra tsy mitovy, izany kosa fiainako izany, na minisitra na tsy minisitra kosa tsy ekeko izany. Mety ho diso ahy, mety hitsara afa ny tribonaly fa fahefana samihafa io. Raha mieritreritra izy fa an an tsy ampy izany Monsieur Rakotovao Rivo, tsy azonao henjehina ohatra’izany ny karazan’olona ohatr’izany, izay izany ny lalàna eto amintsika. Fa mieritreritra izahay fa mba tsy izay ary mino aho f’efa mba samy mieritreritra isika : tsy mahasoa ny firenen-tsika izany fa misintona ny firenentsika midina ».

TRADUCTION

Vous savez, je sais que la question vous taraude. C’est moi qui ai déposé une plainte en tant que le citoyen Rakotovao Rivo. Car c’est l’intégrité de ma personne qui a été visée. Pourquoi écrire dans un journal que je suis un voleur ? Je crois que la démocratie ce n’est pas çà. Ce n’est pas çà non plus la liberté de presse. Si le tribunal pense que j’ai tort, je respecterai sa décision sans problème. Mais je pense que je suis dans mon droit, en tant qu’être humain, c’est mon éducation que la personne a avili, pour des idées divergentes, mais c’est ma vie. Ministre ou pas ministre, je ne peux l’admettre. J’ai peut-être tort, le tribunal pourrait en décider autrement, mais ce sont des pouvoirs distincts. S’il pense que vous Monsieur Rakotovao Rivo, nous ne pouvez pas poursuivre cette catégorie de personne, ce sera donc la loi ici chez nous. Mais nous pensons que ce ne sera pas cela et que chacun de nous a déjà réfléchi : ce n’est pas bien (Ndlr : la non condamnation de nos confrères) pour notre nation car cela la tirerait vers le bas.

Il était 19h. En route pour la prison...

Il était 19h. En route pour la prison...

A mon sens personnel, et je le répète, cela s’appelle abus de pouvoir. Car comment expliquer les va-et-vient sans cesse du directeur de cabinet du ministre Rakotovao Rivo dans les couloirs du Palais de Justice ? Par ailleurs, ce n’est pas un journaliste qui a écrit l’article mais c’est devenu une affaire d’Etat. Ce que Monsieur le citoyen-ministre ne sait pas c’est que, en ce moment même, il est très mal vu par des vrais décideurs de la Communauté internationale. Ce sera de sa faute à lui, si les sous des bailleurs tardent à pleuvoir et non la faute des journalistes. Il a voulu se mettre sous les feux des projecteurs. Et ben il est servi -et bien servi- lui-même. A l’heure actuelle, sa nouvelle approche du journalisme a fait le tour du monde, en cette époque ou la dépénalisation des délits de presse des journalistes est devenue universelle. Sauf dans les dictatures. A présent donc, son orgueil est satisfait car plutôt que demander une peine de travaux d’intérêt général (lui le nouveau champion de l’HIMO présidentiel) ou, à la rigueur une peine d’amende, il opte pour l’emprisonnement immédiat. Et, dans le temps, les cambrioleurs, les voleurs, les fous, les violeurs, les assassins poursuivent leurs œuvres comme si de rien n’était. Bravo,Monsieur l’orgueilleux. Mais ce n’est pas comme çà qu’on aborde l’apaisement et la notion même de réconciliation. Il faut le faire avec soi-même. En tout cas, contrairement au ridicule, l’orgueil, lui, tue vraiment… Et le ridicule sera qu'il invoque la souveraineté nationale pour emprisonner qui il veut quand il veut, désormais. La terreur sinon le terrorisme d'Etat quoi.

Madagascar: le ministre Rivo Rakotovao emprisonne le journaliste Jean Luc Rahaga
Madagascar: le ministre Rivo Rakotovao emprisonne le journaliste Jean Luc Rahaga
Madagascar: le ministre Rivo Rakotovao emprisonne le journaliste Jean Luc Rahaga
Ces caricatures et photomontages ont été publiées dans plusieurs journaux à l'extérieur. Mais aucun journaliste n'a été convoqué et encore moins emprisonné. Et pourtant il s'agit bien des présidents Barack Obama (l'homme le plus puissant de la planète) et François Hollande (Président de la France reny malala)

Ces caricatures et photomontages ont été publiées dans plusieurs journaux à l'extérieur. Mais aucun journaliste n'a été convoqué et encore moins emprisonné. Et pourtant il s'agit bien des présidents Barack Obama (l'homme le plus puissant de la planète) et François Hollande (Président de la France reny malala)

Heureusement (façon de parler car Jean Luc et son rédacteur en chef connaissent les affres de l’incarcération) qu’ailleurs, on préfère en rire. Que ferait-il si, lui, le citoyen « démocrate », était traité de la sorte ? Voir les caricatures ci-dessus. Sûr qu’il aurait levé un peloton d’exécution illico presto.

Moralité : on est un homme d’Etat ou pas ; on est un démocrate ou pas. A qui le tour après Jean Luc ? A moi ? A tous les membres du SeFaFi ? En passant, je rappelle que le père Sylvain Urfer a été jeté manu militari hors de Madagascar sous Marc Ravalomanana. D’ici quatre ans, à ce rythme-là, il n’y aura plus de place dans les prisons malgaches. En tout cas, être en prison à 60 ans, c’est un luxe en tant que journaliste. Aux frais de l’Etat.

Jeannot Ramambazafy – 21 juillet 2014

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
Jean RAZAFINDAMBO

Jean RAZAFINDAMBO

Jean Razafindambo est un « ancien » journaliste installé depuis longtemps au Canada. Il était récemment de passage à Madagascar pour présenter son recueil de textes intitulé : « «Lettres à mon pays, l'île de Madagascar : Mais où est-il parti ce meilleur de nous-mêmes ». Face à la situation qui prévaut actuellement dans la Grande île de l’océan Indien, il n’a pas pu rester de marbre et donne son avis très pertinent.

Jeannot Ramambazafy – 21 juillet 2014

La politique, dans tout ce qu’elle a de plus beau et en même temps de plus détestable!

Le gros bon sens nous dit que développer un pays durablement prend beaucoup de temps. Qu’est-ce qu’un politicien au pouvoir peut donc faire en quelques mois pour résoudre des problèmes qui ne datent pas d’hier Pas grand-chose à concrètement et franchement parler nous chuchote le gros bon sens! Mais qu’est-ce qu’une population peut faire si, dans les faits, il ne se passe vraiment pas grand-chose au moment où tout le monde ou presque s’attend à ce qu’il se passe quelque chose de tangible à la grandeur du pays Surtout si, en apparence, faute de concret, tout le monde ne perçoit même pas que les bonnes bases de ce qui va se passer de bon plus tard sont en train de se mettre en place Mais qu’est-ce qui va se passer si, dans les faits, ce que les politiciens au pouvoir sont en train de concocter est perçu sans aucune forme de procès par l’ensemble des gouvernés comme inadéquat pour résoudre les problèmes qui ne datent pas d’hier La perception joue donc un grand rôle, que les politiciens le veuillent ou non, dans la dynamique de gouvernance d’une société. Comment donc intégrer cette perception de l’ensemble des gouvernés pour en faire un outil de bonne gouvernance et de développement durable Voilà la question à plus d’un milliard d’euros, n’est-ce pas Car ce qui est logique dans la planification stratégique et politique des gouvernants peut tout simplement être tout à fait illogique dans la perception qu’a l’ensemble de la population. Surtout si, dans le cas particulier de Madagascar, il existe une perte de confiance qui ne date pas d’hier des gouvernés envers les gouvernants. Et ce, quels qu’ils soient ces gouvernants! Il convient de le souligner ici qu’il ne s’agit plus de perception mais de la réalité des faits. Il ne s’agit pas non plus de mettre en doute la capacité de qui que ce soit d’apporter des solutions aux problèmes de Madagascar. Il s’agit tout simplement de mettre en évidence la fragilité de l’équilibre qui doit exister entre les gouvernés et les gouvernants. En effet, quelle que soit la capacité d’une administration à apporter des solutions aux problèmes d’un pays, ces solutions perdront toute leur efficacité si elles ne sont pas bien perçues au point de départ par l’ensemble de la population. C’est aussi simple que ça! Il y a bien des mots qui ont certainement perdu leur sens véritable au fil des années entre les gouvernés et les gouvernants à Madagascar en raison de la perception. Et, à vrai dire, ce n’est plus une perception mais c’est devenu une réalité dans les faits. J’imagine que, dans les faits, les tenants actuels du pouvoir sont conscients de ces enjeux, je l’admets, pas facile à saisir même si dans la perception de l’ensemble de la population, c’est plutôt le contraire. Car, en politique, dans tout ce qu’elle a de plus beau et en même temps de plus détestable, c’est justement dans ces moments où on croit tellement à ce qu’on pense, dit et fait qu’il faut se poser de sérieuses questions. Surtout pour les personnes qui se trouvent au sommet de la hiérarchie des gouvernants avec la lourde responsabilité de tout faire fonctionner au bénéfice et non au détriment de l’ensemble des gouvernés. Autrement dit, c’est quant on pense avoir raison qu’il faut se poser des questions sur la perception que cela puisse avoir au niveau de l’ensemble de la population. Et si tel est l’impératif quand on pense être dans la raison, les exigences ne peuvent être moindres que cela lorsqu’on est véritablement ou apparemment dans les torts… Tout cela pour dire que quel que soit ce que les gouvernants sont en train de faire ou ne pas faire, il convient de souligner l’importance de la confiance entre les gouvernés et les gouvernants. Et ne perdons pas de vue le fait que l’échec d’une politique des gouvernants aura des conséquences très perceptibles sur la vie au quotidien des gouvernés. On n’apprend plus ce genre de chose à l’ensemble de la population qui le sait, de fait, depuis les régimes qui se sont succédé à Madagascar. Elle n’aspire qu’à une seule chose : avoir confiance en ses gouvernants pour résoudre les problèmes qui ne datent pas d’hier… Alors, si on fait véritablement quelque chose de bon pour l’ensemble de la population mais c’est perçu autrement par cette population, ce n’est pas à la population qu’il faut en vouloir mais à la manière de faire les choses.

À la prochaine!

Jean Razafindambo - 21.07.2014 |

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Publié le par Jeannot Ramambazafy

"La Résidence" Ankerana, le samedi 20 juillet 2014

Le Prince Rév. Dr. Ndriana RABARIOELINA

Interview du Prince Rév. Dr. Ndriana RABARIOELINA

Madagascar: les descendants des reines et rois montent au créneau -VIDEOS-

ROYAL HOUSE OF MADAGASCAR : « DEVELOPPEMENT DE MADAGASCAR : PROBLEMES ACTUELS ET SOLUTIONS DURABLES»

La Maison Royale de Madagascar (Royal House of Madagascar) dirigé par le Prince Rév. Dr. Ndriana Rabarioelina, Docteur en Théologie, descendant de la branche ainée de la Famille Royale de Madagascar, avec le Conseil des Rois Traditionnels et Princes de Madagascar, se sont réunis à Antananarivo, le samedi 19 juillet 2014, à "La Résidence" d'Ankerana, afin de trouver des solutions durables pour sortir les quatre-vingt douze pour cent (92%) des Malagasy de la pauvreté et afin de développer la nation. Le thème de la première réunion était axé sur le « DEVELOPPEMENT DE MADAGASCAR : PROBLEMES GRAVES ET SOLUTlONS.

Ainsi, ils se sont partagés en plusieurs commissions (Droit, Culture, Economie, Education, Santé, Science, Environnement, Social) pour analyser en profondeur les causes des problèmes cycliques et des problèmes graves actuels, à partir des rapports de leurs représentants venant de tout Madagascar. Après cela, ils ont rassemblé les solutions à très court terme, cours terme, moyen, terme, et long terme, pour sauver et développer la nation.

L’objectif final est la mise en place d’un état de droit et d’un royaume moderne avec une nation sainte (Fanjaka-Mpisorona sy Firenena Masina), pour la bénédiction de toute la nation, en respectant l’Eternel (llay Mpahary) et en respectant les valeurs traditionnelles de la nation (Soatoavina nenti-paharazana) dont le Fahamarinana, en harmonie avec la modernité, dans la complémentarité d’un nouveau pouvoir spirituel et d’un nouveau pouvoir temporel, avec toutes les forces vives de la nation, par le biais de nouveaux serviteurs de l’état, non-corrompus, incorruptibles, patriotes, compétents et efficaces. Parmi les résolutions de cette première réunion:

1) Madagascar et toutes les iles éparses (Juan de Nova, Bassa de lndia, Europa, Tromelin, Glorieuses, …etc.), dans une périphérie de 200 Miles autour de Madagascar, appartiennent aux Malagasy. Cela est non-négociable.

2) Mise en place de l’Antenimieran’ ny Andriana (Chambre Haute) qui participera à toutes les grandes décisions concernant la nation.

3) Une nouvelle Constitution, respectant l’Eternel et nos valeurs traditionnelles pour la bénédiction de toute la nation. En effet, depuis cinquante-quatre années (1960-2014), la Constitution républicaine, laïque, démocratique, issue de la civilisation gréco-romaine, et héritée de la colonisation, n’a profité qu’aux dirigeants successifs, leurs partis politiques, leurs acolytes et la maffia étrangère. Ainsi, la solution d’un vrai développement durable commence par l’éradication totale de la constitution républicaine, laïque, démocratique, néo-coloniale, imposée depuis plus d’un demi-siècle sous plusieurs variantes, qui est un des facteurs d’appauvrissement et un poison mortel pour 92% de la population.

4) Loi de Finances rectificative avec des budgets d’investissement pour la restauration et le fonctionnement de tous les palais royaux (Palais de Manjakamiadana et autres) et des sites sacrés et royaux dans tout Madagascar, symboles de notre identité nationale, de notre histoire et de notre civilisation.

5) Le changement urgent des lois actuelles, issu du Code Napoléon, et héritées de la colonisation, en de nouvelles lois, concoctées avec l’appui du Conseil des Rois et Princes de Madagascar, afin qu’elles soient réellement en faveur de toute la population et non le contraire.

6) De nouvelles politiques et de nouvelles lois (culturelle, monétaire, financière, économique, éducative, et sociale) en faveur de toute la nation, et non en faveur des trafiquants et de la maffia internationale.

7) Une nouvelle politique foncière et de nouvelles lois foncières pour protéger la terre ancestrale appartenant aux autochtones et favoriser l’agriculture familiale paysanne. Madagascar, Terre Sacrée, appartient aux Malagasy, et la terre ne peut pas être empruntée, louée, achetée ou vendue que par les citoyens autochtones.

8) La vraie protection de la population et de leurs biens, par les forces armées, avec l’appui des Ampanjaka (Chefs traditionnels) de tout Madagascar, par le biais des Dina et du Droit Coutumier.

9) Le développement endogène, à partir des ressources humaines et des ressources du sol, du sous-sol de l’atmosphère, et de la mer, en combinant les recherches et découvertes scientifiques effectuées par les chercheurs et universitaires nationaux, avec la sagesse ancestrale, sagesse biblique multimillénaire, et l’expérience de la population.

10) La création de compagnies nationales, étatiques ou privées, dirigées par des nationaux, patriotes, compétents et efficaces, avec l’appui en priorité des experts nationaux, puis d’experts internationaux si c’est vraiment nécessaire par le transfert de technologie, pour l’exploitation de nos ressources stratégiques (sol, sous-sol, mer, air), dans le respect de l’environnement et de la santé, afin que 90% des bénéfices aillent directement à toute la population nationale (contraire au 02% actuel).

11) Une nouvelle politique énergétique afin de diminuer immédiatement le prix du carburant, par conséquent du prix du transport, mais aussi le prix de l’énergie par l’utilisation d’autres ressources énergétiques ou autres ressources renouvelables, avec l’appui d'experts nationaux.

12) Une nouvelle politique pour une éducation pour tous, basée sur les valeurs culturelles traditionnellles (Soatoavina nentim-paharazana) avec un enseignement de qualité et une culture d'excellence. Une stratégie efficace pour éradiquer la malnutrition des enfants et l’éloignement des lieux d’enseignement dans tout Madagascar avec l’appui du Conseil des rois et princes de Madagascar.

Fait à Antananarivo, Vohitra Masina, le 19 juillet 2014.

Madagascar Tany Masina.

Prince Rév. Dr. Ndriana RABARlOELlNA

Docteur en Théologie,

Descendant direct de la branche Ainée de la Maison Royale de Madagascar Chef du Royal House of Madagascar.

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
Jean Luc Rahaga, directeur de publication du quotidien Madagascar Matin

Jean Luc Rahaga, directeur de publication du quotidien Madagascar Matin

Madagascar: le journaliste Jean Luc Rahaga convoqué à la brigade criminelle

Voilà, nous y sommes. Notre confrère Jean Luc Rahaga, Directeur de publication du quotidien Madagascar Matin, est convoqué à la brigade criminelle (« heloka bevava ») de la gendarmerie nationale de la circonscription, ce lundi 21 juillet 2014, à 7h30 du matin.

C'est en ce lieu que le journaliste Jean Luc Rahaga va être sermonné et intimidé le lundi 21 juillet 2014, tôt le matin

C'est en ce lieu que le journaliste Jean Luc Rahaga va être sermonné et intimidé le lundi 21 juillet 2014, tôt le matin

Comme d’habitude, le motif est « pour une affaire vous concernant ». Et revoilà la liberté de presse et d’expression en cage. Et re-bonjour le « délit » de presse à l’heure où la dépénalisation des journalistes se mondialise. A Madagascar, en ce mois de juillet 2014, le journalisme est devenu un crime (« heloka bevava »). Le régime Hvm du président élu Hery Rajaonarimampianina commet exactement les mêmes erreurs que tous ces prédécesseurs. Et, comme l’Histoire l’a prouvé, à même cause même effet. A qui le tour après Jean Luc ?

La convocation rédigée en malgache

La convocation rédigée en malgache

Ayant été aux nouvelles, il s’agirait d’une lettre de lecteur publiée le vendredi 18 juillet 2014 dans Madagascar Matin, à propos du trafic de bois de rose qui s’intensifie. En tant que directeur de publication, le confrère Jean Luc Rahaga est donc responsable de la… publication de cette lettre. Mais alors, nous ne sommes pas dans une démocratie dont la pierre angulaire est la liberté d’expression de tous les citoyens ? Ou bien certains, se sentant morveux, se mouchent en menaçant les gens de presse malgaches ? Mais c’est mauvais pour le pays tout entier tout çà ! Pour le nouveau président en particulier qui, rappelons-le, avait déjà intimidé les journalistes, à son retour du Vatican. On attend impatiemment la suite de cette convocation criminelle…

Jeannot Ramambazafy – 20 juillet 2014

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Publié le par Jeannot Ramambazafy

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
4 juillet 2014. Présentation de mon livre à la presse au "Bon accueil" Ambatonakanga

4 juillet 2014. Présentation de mon livre à la presse au "Bon accueil" Ambatonakanga

Il n'est jamais trop tard pour bien faire, dit un adage. Cela vaut pour le SeFaFi qui a attendu six mois pour se rendre compte de l'ampleur des dégâts d'un nouveau régime incompétent qui, au lieu de redresser la barre, s'enfonce de jour en jour dans des pratiques qui ne devraient plus exister avec la naissance de la IVè république de Madagascar.

Heureusement que les racines de cette dangereuse dégringolade sont consignées, pour la postérité, dans mon livre "Hery Rajaonarimampianina: les 100 jours d'un homme de pouvoirs". Tout se qui se passe, actuellement, dans la Grande île de l'océan Indien, était prévisible. Et pire encore...

Le SeFaFi ne fait que confirmer ce que la large majorité des 22 millions de Malgaches pense, après seulement trois mois de régime rajaonarimampien... Il était temps car je désespérais un peu d'être tout seul à prêcher dans un désert de sourds, aveugles et muets... Merci SeFaFi car ce communiqué est un très large résumé de mon livre ! D'autres détails et photos en moins.

Jeannot Ramambazafy - 18 juillet 2014

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Régime Rajaonarimampianina: le SeFaFi se réveille enfin !

SEHATRA FANARAHA-MASO NY FIAINAM-PIRENENA
SeFaFi
Observatoire de la Vie Publique
Lot III R 45 ter Tsarafaritra, Tsimbazaza, Antananarivo 101
Email : sefafi@gmail.com Site Web : www.sefafi.mg


LES ATTENTES DÉÇUES DE LA IV° RÉPUBLIQUE

Après avoir salué l’élection du premier président de la IV° République (1), le SeFaFi ne s’est plus exprimé pendant près de six mois. Pendant ce temps, deux de ses membres ont été appelés à des fonctions dont la teneur politique est incompatible avec l’appartenance au SeFaFi : Rakotoarisoa Jean-Eric comme membre de la Haute Cour Constitutionnelle, et Horace Gatien comme ministre de l'Emploi, de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle. En se séparant d’eux, le SeFaFi leur a souhaité plein succès dans l’accomplissement de leurs responsabilités. Pour autant, il n’en garde pas moins toute la liberté nécessaire à sa tâche d’observation de la vie publique, n’étant ni à la remorque du pouvoir ni à la solde de l’opposition. Ancré dans la société civile, le SeFaFi a pour seule ambition de tenir un rôle citoyen indispensable au bon fonctionnement de l’État : dénoncer les dérives et les abus, souligner les lacunes et les contradictions, proposer des solutions alternatives. Cette approche critique, qui indispose nécessairement les opportunistes et les profiteurs, n’en constitue pas moins l’une des conditions de la démocratie, au même titre que la liberté de la presse.

La prestation de serment du président Rajaonarimampianina Hery, le 25 janvier 2014, avait ranimé les espoirs d’une population impatiente de voir la classe politique revenir à des pratiques plus saines. « 2013 s’est terminé sur un magnifique espoir pour l’ensemble du peuple malgache : une élection démocratique a mis fin à un cycle de crise, avec le soutien de l’ensemble de la Communauté internationale. Cette unité, aux premières lueurs de 2014, est un bon présage pour notre Nation. Cette année sera celle de notre renouveau collectif, sous l’emblème de la Force nouvelle qui vient de s’insuffler à Madagascar », proclamait le Président de la République dans son discours d’investiture.

Plus circonspect, le SeFaFi avait mis en garde contre le retour des pratiques du passé, en rappelant aux candidats à la députation les conditions d’un vrai renouveau : « pour restaurer la confiance et montrer que le changement est réel, les nouveaux députés doivent assumer pleinement leurs obligations » (2). Six mois plus tard, l’opinion reste quelque peu dubitative, alors que le régime tarde à donner corps au changement promis. La compromission et la corruption s’étalent, les rivalités et les divisions s’affichent, l’incompétence des élus et leur indifférence à l’intérêt général sont de notoriété publique. Les citoyens sont à nouveau devenus les otages des magouilles politiciennes. Et si l’on parle toujours de réconciliation, ce n’est plus qu’une incantation vide de tout contenu et de toute implication concrète. Comment en sommes-nous arrivés là ?
(1)« Après les élections, mise en place des institutions et réconciliation », 11 février 2014.
(2)Idem.

Une Assemblée nationale incompétente et vénale

A l’issue des élections présidentielles et législatives, les choses semblaient claires. L’Assemblée nationale disposait d’une majorité de 76 voix, composée de 49 députés du groupe MAPAR (pro-Rajoelina) et d’un Groupe Parlementaire Spécial de 27 députés indépendants (dont l’identité est restée confidentielle). Sans vergogne, cette majorité s’est aussitôt approprié tous les postes, de la présidence de l’Assemblée à l’ensemble des commissions parlementaires. Il lui restait à présenter son candidat au poste de Premier ministre, pour nomination par le président de la République, conformément à l’article 54 de la Constitution. Apparut alors une PMP (Plate-forme pour la Majorité Présidentielle), groupe hétéroclite de 95 députés issus de partis qui avaient voté soit contre le Président élu soit pour lui, et d’indépendants (tous sans identité déclarée). Avec ces deux majorités présidentielles cumulées, l’Assemblée était censée compter 171 députés, alors que les électeurs n’en avaient élu que 147 – 4 élections étant à refaire. Et bien sûr, la PMP démet aussitôt la présidente et le bureau à peine installés, pour en élire de nouveaux, tout dévoués à sa cause. Bref, en reniant sa majorité électorale (MAPAR), en s’évertuant à créer de toute pièce une nouvelle majorité (PMP), en relevant la gageure de constituer un groupe parlementaire HVM fort de 30 membres alors qu’il n’a qu’un député élu, le pouvoir se trouve, aujourd’hui, à la merci de groupes de députés qui soufflent le chaud et le froid, et agissent en fonction de leurs intérêts. Deux motions de censure déjouées à temps, des revendications d’avantages exorbitants, des parlementaires qui se vendent au plus offrant, tel a été le bilan de la première session de l’Assemblée nationale. Car les députés ne sont pas chargés de mener des actions sociales dans leur circonscription (ce pourquoi ils demandent que leur salaire soit majoré) mais de voter les lois de la République et de contrôler l’exécutif.

Ayant péniblement adopté 8 projets de loi pendant sa première session, elle a ignoré deux problèmes aussi essentiels qu’urgents : la loi de finances rectificative
et les dispositions qui devront régir les élections communales prévues se tenir cette année. Reporter ces élections à l’année prochaine serait un déni de droit, le mandat des élus municipaux ayant expiré depuis deux ans, et une marque de défiance à l’égard des citoyens. Par contre, un temps considérable a été consacré à la redéfinition des avantages des députés : salaires, indemnités diverses, tickets de carburant, crédits téléphoniques, voitures 4x4, passeport diplomatique, etc. Ces caprices obligent à tenir de nouvelles sessions extraordinaires, ruineuses pour le budget de l’État mais financièrement rentables pour les députés. A l’évidence, ceux-ci ne sont intéressés que par leurs avantages personnels, et ignorent tout de leurs responsabilités de législateurs au service du bien commun de la nation.

Dans cette sombre pagaille, comment s’y retrouver ? Quel député aura le courage d’informer ses électeurs du choix qu’il a fait en leur nom ? Quel responsable politique osera exiger des groupes concernés qu’ils publient la liste des membres de leur prétendue majorité ? Il y va pourtant du plus élémentaire devoir de redevabilité, auquel tout élu est tenu vis-à-vis de son électorat. Plus grave, ces agissements témoignent de la méconnaissance d’un élément fondamental de la démocratie : la continuité de l’État, qui veut que tout pouvoir est engagé par les actions de ceux qui l’ont précédé. D’où vient alors cette rage de renier tout ce qui a été fait, pour tout refaire en partant de zéro ? Il existait un règlement de l’Assemblée nationale : pourquoi le changer à nouveau ? Il existait un nombre stable de commissions parlementaires : pourquoi les multiplier, pour en faire des doubles des ministères ? Ces jeux puérils témoignent du manque de maturité politique de nos prétendus représentants du peuple. On les retrouve, hélas, dans tous les domaines de la vie publique, qu’il s’agisse du redécoupage des ministères ou de la valse des techniciens de l’administration.

Un gouvernement qui parle beaucoup, mais agit peu

Les premiers pas de l’administration Rajaonarimampianina se caractérisent par la lenteur dans la prise de décision. La Constitution n’ayant fixé aucun délai pour la nomination du Premier ministre, celle-ci n’a eu lieu que deux mois après l’investiture du président de la République. De même, les ministres ont mis plus de deux mois pour constituer leur staff. Pourtant, le pouvoir semble se complaire dans l’autosatisfaction, donnant l’impression d’occulter le quotidien de la population et les vrais problèmes du pays. Jusqu’ici, les 9 conseils des ministres (18 avril, 2 mai, 9 mai, 14 mai, 21 mai, 28 mai, 4 juin, 19 juin, 24 juin) qui se sont tenus depuis la formation du gouvernement Kolo Roger, ont été consacrés en grande partie aux nominations aux hauts emplois de l’État. Mise à part l’allocation de 10.000 postes budgétaires au ministère de l’Éducation nationale pour l’année 2014, aucune des décisions prises n’a d’impact direct sur le sort des 22 millions de Malgaches qui est, pourtant, sa seule priorité. Rien n’est fait pour rassurer, rien n’est fait pour entretenir l’espoir d’un véritable renouveau, tout se ramène à des effets d’annonce. À grand renfort de communication et de discours électoralistes, alors que l’heure n’est plus à la chasse aux voix, on tente de faire croire aux Malgaches que l’on agit. Relevons quelques exemples significatifs.

Affaire bois de rose

Tout au début de son mandat, le président de la République a affirmé qu’il ferait une affaire personnelle de la lutte contre le trafic de bois de rose. Il a martelé qu’il ne tolèrerait plus aucun laxisme et qu’il n’hésiterait pas à sévir. Le 3 juin dernier, lors du lancement du dialogue national sur la Croissance verte, il a proclamé haut et fort : « Nous traquerons sans relâche ces trafiquants, partout où ils se trouveront ». Au long de ces six derniers mois pourtant, le trafic de ce bois précieux a repris de plus belle. De mai à juin, 34 containeurs de 640 tonnes de bois de rose ont été interceptés au port de Mombassa, Kenya, 28 containeurs de 420 tonnes au port de Colombo, Sri Lanka, et 3.000 tonnes à Singapour. Apparemment, nul ne s’empresse d’éradiquer ce fléau, à voir l’absence de volonté politique à aller dans ce sens, alors que l’on remarque une certaine hésitation à prendre les mesures qui s’imposent - comme l’arrestation des trafiquants qui continuent à couper et à expédier du bois de rose en toute impunité. Les tergiversations du pouvoir seraient-elles liées à des conflits d’intérêts, comme on le murmure dans divers milieux ? Le décret portant création du Comité interministériel chargé de l’assainissement de la filière bois de rose et bois d’ébène n’a été adopté que lors du conseil des ministres du 24 juin dernier et, comme par coïncidence, juste à la veille de la 65ème session du comité permanent de la CITES, à Genève, au cours de laquelle le gouvernement malgache a présenté son plan d’action - qui fut rejeté. La stratégie arrêtée semble avoir été conçue dans la précipitation, pour n’évoquer que la pitoyable décision d’incinérer les rondins de bois de rose « pourris » et stockés dans des zones enclavées.
Or il existe suffisamment d’éléments objectifs qui permettraient d’ouvrir des enquêtes et d’engager des poursuites contre les « gros bonnets » (3).
(3) Rapport d’enquête sur le commerce mondial des bois précieux malgaches : bois de rose, ébène et palissandre, Global Witness et Environmental Investigation Agency, Inc. (Etats-Unis), octobre 2010.

Liberté d’expression

Tout démontre que le régime a du mal à se défaire des pratiques politiques des dernières décennies, en dépit des promesses d’insuffler le vent du changement dans la gestion des affaires du pays. Les critiques sont très mal tolérées et se voient assimilées à des oeuvres de déstabilisation.
Les journaux télévisés de la chaîne nationale se réduisent, le plus souvent, à un compte-rendu de l’agenda et des déplacements des dirigeants, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, ou des séminaires et des ateliers souvent soporifiques auxquels participent les présidents et membres d’institutions et la suppression de la revue de presse par la TVM confirme cette tendance.

Insécurité

Combattre l’insécurité est une des priorités du gouvernement.
Des efforts ont été consentis pour ne citer que l’opération « Coup d’arrêt » dans le Sud du pays. Mais bien que l’opération ait été étendue à d’autres régions, la situation est loin d’être maîtrisée, surtout que la mort de 89 dahalo serait le résultat d’exécutions sommaires plus que du rétablissement de l’ordre. Dans la région Melaky, la population est sur le qui-vive jour et nuit, à la merci de bandes organisées qui n’hésitent plus à tuer les chauffeurs pour dévaliser les taxis-brousse.
En zone urbaine, il suffit de se référer à la une des quotidiens pour prendre la mesure de l’insécurité.

Délestage

Tout au long de sa campagne et après sa prise de fonction, le chef de l’État a promis de mettre un terme aux délestages dans un délai de trois mois. Six mois se sont écoulés, mais les coupures d’électricité sont de plus en plus fréquentes, tant dans la capitale que dans les grandes villes de province.

Aquaculture

Le secteur de l’aquaculture de crevette, qui fut longtemps le premier pourvoyeur du devise du pays est totalement sinistré en raison de la maladie white spot. Or le ministre concerné n’a jamais soulevé ce problème. Opposition. On attend toujours la publication des décrets d’application de la loi sur le statut de l’opposition, dont l’urgence n’est pas à démontrer.

Un président pris à son propre piège

En voulant associer au gouvernement ceux qui l’ont soutenu tout comme ceux qui l’ont combattu lors de la dernière présidentielle, en optant pour une configuration qui fait place à tout le monde comme si le scrutin législatif n’avait aucune portée politique, le régime a initié une démarche qui porte en elle les germes de sa propre destruction. Les adversaires politiques d’hier auraient gagné à jouer le rôle d’une opposition constructive, car une démocratie consensuelle sans opposition structurée est une démocratie en péril. Il en résulte que le Président est entouré de courtisans. Les éternels opportunistes, qui ont émargé à tous
les régimes, sont toujours en quête d’honneurs et de privilèges. Les arrivistes qui, au gré des circonstances, ont réussi à se placer dans son premier cercle, goûtent aujourd’hui aux délices du pouvoir à des postes de haute responsabilité.
En misant ainsi sur les copains et les coquins, la République a les pieds et les poings liés. Et l’Histoire demeure un éternel recommencement. Le Président a fait une priorité de la lutte contre la corruption. Mais le BIANCO (Bureau indépendant anti-corruption), dont le Directeur général est nommé par le président de la République, pourrait-il un jour mener ses investigations au sommet du pouvoir ? Dans un autre domaine, on a évoqué, ces derniers jours, la déclaration périodique de patrimoine, à laquelle sont théoriquement soumis « certaines catégories de hautes personnalités et de hauts fonctionnaires » (loi 2004-030) et, selon l’article 41 de la Constitution, le Président de la République, le Premier Ministre et les Ministres, les députés et les sénateurs, et les membres de la Haute Cour Constitutionnelle. Mais à quoi bon tout ce tapage médiatique, sachant que ces déclarations sont interdites de publication ?
Cela revient à signifier au citoyen qu’il n’a rien à connaître de la fortune de ses dirigeants, même lorsque la rapidité et l’ampleur de certains enrichissements ne peuvent se justifier par un travail honnête et conforme aux exigences de la loi.
De même, la propension à faire profiter les membres de sa famille des avantages que donne le pouvoir contredit les meilleurs discours sur la transparence.
Qu’il s’agisse de la nomination de parents à des postes pour lesquels ils n’ont pas la compétence requise, ou de faire profiter des membres de sa grande famille de privilèges tels que des voyages à l’étranger, ce sont là autant d’actes répréhensibles de népotisme. Pour un responsable d’État, faire passer les intérêts familiaux ou ethniques avant ceux de la nation témoigne d’un manque total du sens de l’intérêt général. Ce fléau, reconnaissons-le, est profondément incrusté dans nos pratiques sociales, dans le secteur public comme dans le privé, et à tous les échelons de la hiérarchie. N’est-ce pas une raison suffisante pour que nos dirigeants soient irréprochables de ce point de vue, et donnent le bon exemple ?

Enfin, l’essentiel du pouvoir est concentré entre les mains des proches du Président qui constituent également le noyau du parti présidentiel HVM. Le ministre d’État chargé des Infrastructures, de l’Equipement et de l’Aménagement du Territoire, et le Directeur de Cabinet de la Présidence assurent la direction du parti, respectivement en tant que Président national et Secrétaire général. Siègent également au bureau national, entre autres, le Premier ministre, le ministre de l’Éducation nationale, ainsi que la plupart des conseillers du Président de la République. Et des personnalités appartenant au premier cercle du Président et du HVM ont récemment été nommées membres du Conseil d’administration de la compagnie nationale Air Madagascar. On le voit, la structure du gouvernement a été taillée à la mesure des ambitions électorales du HVM. Le parti hérite de super-départements ministériels qui vident certains ministères de leur contenu, ainsi que des ministères qui ont été des réservoirs politiques pour tous les régimes.
Bref, on continue à refaire les mêmes erreurs.
L’impasse dans laquelle se trouve à nouveau plongée la Grande Île est éthique plus encore que politique. Il serait vain de la réduire, une fois de plus, à de simples rivalités d’egos ou à des ambitions personnelles – même si ces dernières contribuent fortement à l’inefficacité et à la mise en cause du pouvoir. La résurgence des travers dénoncés sous les régimes précédents révèle un mal plus profond, qui tient aux mentalités. Changer les responsables ne suffit pas, les vraies solutions se situent au niveau de la conscience civique et du sens de l’État.

Antananarivo, 18 juillet 2014

Régime Rajaonarimampianina: le SeFaFi se réveille enfin !

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