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jeannotramambazafy.overblog.com

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Promotion pour le développement culturel et social de Madagascar

Publié par Jeannot Ramambazafy

Certains tentent de faire du forcing pour que le président de la Transition se présente, sans faire aucune nuance entre « se présenter ou non », comme l'a déclaré déjà Andry Rajoelina, ces derniers temps. En fait, sa décision finale remonte en 2010. Enfin, s'il reste logique avec lui-même.

Aussi, toutes les supputations émanant de suppôts de satan, de copistes et de politiciens qui veulent faire les intéressant. Bon, ce n'est pas une certitude absolue. Mais l'ayant entendu déclaré au Kianja Makis de Madagascar, « je tiens toujours mes promesses », je me suis alors rabattu sur mes archives datant de mai 2010. Je ne prétends en aucun cas être plus royaliste que le roi mais voici ce que j'ai retrouvé : une interview du Président de la Transition par Christophe Boisbouvier (Radio France internationale), en date du 12 mai 2010.

En fait donc, lorsqu'il a, maintes fois, répété qu'il avait déjà pris sa décision depuis longtemps, cela se réfère à cette interview. Ci-après le passage de cet interview que vous pourrez trouver dans son intégralité sur le site web de RFI.

RFI : Monsieur le président, bonjour. Depuis quelques mois, tout le monde se demande si vous serez candidat ou non à la prochaine élection présidentielle. Quelle décision avez-vous prise ?

Andry Rajoelina : Premièrement, c’est vrai, depuis des mois Madagascar vivait dans la crise politique et ce qui est important dans la décision d’un président et ce qui fait d’un président un vrai homme d’Etat, c’est surtout la bonté et l’honnêteté de ses actes envers ses citoyens et en faveur de sa patrie. Et c’est pour cette raison donc que j’ai pris la décision de ne pas me présenter aux prochaines élections présidentielles que nous allons organiser avant la fin de l’année.

RFI : Et c’est une promesse définitive, vous ne changerez pas d’avis ?

A.R. : C’est une promesse définitive pour pouvoir mener à terme la transition de manière objective. Pour moi, ce qui est important, c’est qu’on puisse organiser des élections en toute neutralité. Je pense que je suis le seul homme à Madagascar à pouvoir organiser ces élections dans la transparence et aussi, on a besoin de la garantie de la communauté internationale.

RFI : Est-ce qu’avant de prendre cette décision, vous avez dû convaincre beaucoup de vos partisans qui vous demandaient de rester ?

A.R. : Vous savez aujourd’hui, cette décision a été vraiment très très difficile à avaler pour mes partisans, mais je leur ai dit que je poursuivrai et que je resterai toujours à leurs côtés.

RFI : Et même si vos partisans reviennent à la charge dans les mois qui viennent, vous ne changerez pas d’avis ?

A.R. : Je suis un homme de parole et je ne changerai pas d’avis. Je ne serai pas candidat pour les prochaines élections présidentielles à Madagascar, pour l’intérêt supérieur de la Nation.

A partir de là, oser dire qu'on (Sadc, Communauté internationale) l'aura forcé à ne pas se présenter relève de l'ignorance totale de l'Histoire. La volte-face de Marc Ravalomanana n'est que de la pure fanfaronnade. Il sait parfaitement qu'il n'est plus éligible aussi bien du point de vue de la loi (code électoral) que du point de vue pénal (il a été condamné par la justice malgache pour motifs gravissimes et il fait toujours l'objet d'une mise en examen par la justice sud-africaine). Son but : rentrer à Madagascar en endormant la méfiance de tous. Une fois sur place, bonjour les dégâts financés par ses milliards mal acquis.

Concernant Andry Rajoelina, la question sera : mais pourquoi attend-il pour réitérer cette promesse datant de deux ans ? Tout simplement parce qu'il lui fallait du temps. Du temps pour prouver que, lorsque le pays est bien géré, il était parfaitement possible de le développer très rapidement. Et les preuves sont bien là : hôtels de ville d'Antananarivo et de Toamasina ; 16 hôpitaux aux normes internationales ; un programme de location-vente de villas ; le Coliseum de Madagascar et le Kianja Makis de Madagascar. Sans parler de la RN44. Et cela, en prime, sans aller endetter les générations présentes et à venir auprès des bailleurs de fonds -qui n'ont jamais été ne sont et ne seront jamais des philanthropes-, mais avec des ressources propres intérieures (RPI). Les bons à rien iront encore chipoter sur leurs provenances. Chaque chose en son temps.

A présent, qu'il a un pied dans le panthéon des héros de l'histoire de Madagascar, la foule d'Antsonjombe et celle d'Andohatapenaka lui fera-t-elles changer d'avis ? Les futurs nouveaux pauvres de son entourage arriveront-ils à faire pression sur lui pour qu'il renie sa parole ? Qui vivra verra.

En tout cas, à mon avis personnel, la mission d'Andry Rajoelina était de stopper les dérives d'un dictateur et mener une période transitoire jusqu'à son terme, c'est-à-dire vers des élections transparentes, etc. pour revenir à l'ordre constitutionnel d'avant le 17 mars 2009. Le vrai changement réside en cette capacité à savoir se mettre en retrait et démontrer que l'ère de s'accrocher à un siège était bel et bien terminées à Madagascar. Ce n'était pas la course au pouvoir absolu ni à l'argent qui l'a amené à diriger la révolution orange. C'était un combat contre l'injustice et le pillage du pays par des individus sans âme.

En prime, il ne pourra que redire ce qu'il a déjà dit, ce 12 mai 2010, au micro de Christophe Boisvivier :

RFI : Vous êtes jeune, vous avez 34 ans ?

A.R. : J’aurai 36 ans cette année.

RFI : Donc, vous êtes jeune ?

A.R. : Je suis jeune (rires).

RFI : C’est-à-dire ?

A.R. : J’ai encore l’avenir devant moi.

RFI : Andry Rajoelina, merci.

Seconde grande question : Mais alors que va-t-il faire auprès des autorités françaises et de l'OIF ? Tout simplement y chercher de quoi organiser des élections « manara-penitra » (aux normes). Sauf les tordus iront encore polémiquer par rage. Quelle va être la réaction de ceux qui ont toujours vécu au crochet de cette transition et des oisifs calculateurs ? Tant pis pour eux. Il est temps également que cesse cet infernal culte de la personnalité. Et comme l'a déjà dit Andry Rajoelina lui-même : « J'ai encore de l'avenir devant moi ».

C'était donc déjà clair depuis deux ans. Malheureusement, les menées subversives de Ravalomanana et de sa mouvance, aidés un temps par Zafy Albert et Didier Ratsiraka, ont maintes fois fait reculer les dates des élections. Cette fois ce sera en mai 2013. Et Andry Rajoelina ne pourra plus jamais être accusé d'être le blocage au processus de sortie de crise. Y-en-a qui auront intérêt à réviser leurs pseudo-analyses ou changer de métier... A présent, certains prient vraiment pour qu'il se présente. Et pas ceux auxquels on croit automatiquement... Ils interprètent tout ce que dit Andry Rajoelina pouvant aller dans ce sens. Comme "ianareo no mahafantatra hoe iza no mpitondra mahavita...". Pas de quoi renier une parole donnée. Il anticipe l'avenir, c'est tout.

En tout cas, si Andry Rajoelina déclare se présenter, car grisé par l'ambiance qui a régné la semaine dernière à Antsonjombe et à Andohatapenaka, alors rien n'aura changé sous le soleil de Madagascar. Mais je suis persuadé que Ravalomanana ne lui a pas transmis le virus du mensonge et de la mégalomanie. Enfin, qui vivra verra. Car je me rappelle aussi un dicton qui dit: "Seuls les imbéciles ne changement pas d'ici". Mais est-ce applicable dans un contexte de sortie de crise politique ?

Enfin, la logique même veut ceci : Andry Rajoelina peut se présenter mais il ne doit pas même s'il le voulait. Le Devoir, le vrai, doit primer sur le Pouvoir et le Vouloir. Cinq ans ce n'est pas la mer à boire. Voyez, les quatre dernières années (presque un mandat présidentiel américain) ont filé comme si 2009 c'était hier. Il reste à définir les conditions de cette non présentation, avec la Communauté internationale. Car en politique, il y a toujours des "conditionnalités".

Jeannot RAMAMBAZAFY – 17 décembre 2012

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