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Promotion pour le développement culturel et social de Madagascar

Publié le par Jeannot Ramambazafy
Madagascar : rétrospective 2009-2012 par Jeannot Ramambazafy

C'est bientôt la fin du monde pour l'année 2012. Dans quelques jours, l'Humanité va vivre 2013. Nul ne sait de quoi cette année au drôle de nombre nous apportera. En attendant, en ce qui concerne Madagascar, il est bon de faire une rétrospective des quatre dernières années, en se basant sur les réalités et vérités historiques. Les grandes lignes d'une sixième transition malgache, après celles de Gabriel Ramanantsoa, Richard Ratsimandrava, Gilles Andriamahazo, Norbert Ratsirahonana et Albert Zafy. J'étais présent à toutes ses étapes de l'Histoire politique de Madagascar. Seuls les imbéciles, les ignorants et ceux qui n'étaient jamais présents à ces moments-là diront et/ou écriront autre chose, en se basant sur le culte de la personnalité. Mais si les histoires ne peuvent résister à l'épreuve du temps, l'Histoire de l'Humanité elle-même, ne peut s'inventer ni être corrompue. Que chacun assume ses actes devant l'impitoyable Tribunal de... l'Histoire.

En fait, la révolution orange, menée par le maire Andry Rajoelina, remonte à décembre 2008. Bien que c'est le 3 novembre 2007 qu'il s'est décidé à entrer en politique, en se portant candidat au poste de maire de la Capitale de Madagascar. Décision issue de l'affaire « Trivision » remontant en 2004, sous le maire Patrick Ramiaramanana, un « Tiko boy » ayant œuvré à l'usine d'Andranomanelatra... Un autre épisode vrai de l'Histoire.

Le 13 décembre 2008, le pouvoir Ravalomanana décide de fermer la chaîne de télévision Viva TV, propriété de M. Rajoelina. Cette chaîne avait diffusé l'intégrale des déclarations de l'ancien président Ratsiraka, à partir de Neuilly où il vit en exil depuis 2002.

Parallèlement, le scandale de l'affaire de terres vendues à Daewoo éclate, doublé de l'achat d'un jet à 60 millions de dollars qui a amèné les bailleurs de fonds à se poser des questions pour, finalement, suspendre toute aide bilatérale à l'Etat malgache. A partir de ce mois de décembre 2008, les opposants qui n'avaient jamais réussi à ébranler le régime Ravalomanana, remettent sur le tapis la mainmise de la famille Ravalomanana sur l'économie nationale malgache, à travers l'entreprise Tiko qui était devenu un empire, monopolisant pratiquement tous les secteurs lucratifs en s'accaparant la majorité des marchés publics.

Le 17 décembre 2008, le Maire Rajoelina lance un ultimatum pour la réouverture de sa station. Celle-ci restera pourtant fermée.

Le 14 janvier 2009, l'ultimatum expire. Andry Rajoelina convoque la presse pour lui faire part de la suite qu'il compte mener face à la surdité du régime en place à l'époque.

Le 17 janvier 2009, c'est une foule monstre qui débarque au jardin d'Ambohijatovo où sera inaugurée la Place de la Démocratie. Après des déclarations fustigeant le régime, ce sera la première descente vers la Place du 13-mai, connue pour avoir défait tous les régimes précédents.

Le 26 janvier 2009, les manifestants deviennent incontrôlés et incontrôlables : la maison de la radio et de la télévision nationales est incendiée. Puis, tout bascule dans l'horreur. Ce sera le fameux « Lundi noir ». Des individus difficilement identifiables s'en prennent aux sociétés appartenant au président Marc Ravalomanana (Malagasy Grossiste -MAGRO-, Blue Print, Auditorium...), les incendiant après les avoir dévalisées. Mais cela s'étend à des sociétés privées et à des sociétés appartenant à des investisseurs étrangers. Curieusement, Les forces de l'ordre ont brillé par une absence totale. Ces actes de pillage aveugles vont s'étendre sur l'ensemble de la Grande île où se trouvent des sociétés liées à l'empire Tiko.

Le 31 janvier 2009, sur la Place du 13-Mai, Andry Rajoelina annonce qu'il allait prendre en charge les affaires de l'Etat. Il déclare qu'à partir de cet instant, c'est lui qui donne les ordres aux forces de l'ordre et que les bureaux et l'administration seront fermés le 2 février. Mais le 3 février 2009, le Maire Rajoelina est destitué de ses fonctions pour être remplacé par un PDS (président de délégation spéciale).

7 février 2009. Sur la Place du 13-Mai, Andry Rajoelina nomme Monja Roindefo, Premier ministre de la HAT (Haute autorité de la transition). A la demande des centaines de milliers de personnes réunies en ce lieu, il est décidé d'aller vers le palais d'état d'Ambohitsorohitra, pour y installer ce Premier ministre. Et c'est l'horreur : les gardes de la présidence tirent aveuglément et sans sommation sur la foule. A balles réelles. Bilan officiel : 28 manifestants tués, 212 blessés. Mais ces chiffres sont en-dessous de la réalité.

Le pouvoir Ravalomanana décide alors de mettre en branle la machine administrative. Avec le concours de mercenaires qui encadrent les éléments de l'EMMONAT armés d'un arsenal chinois, une véritable chasse à l'homme est organisée à travers toute l'île. Le 6 mars 2009, poursuivi par la justice, sous le coup d'un mandat d'arrêt, Andry Rajoelina trouve refuge à l'ambassade de France.

Le 11 mars 2009, alors qu'il croyait encore tenir les choses en main, Marc Ravalomanana se retrouve face aux militaires du CAPSAT, qui ne sont pas d'accord avec les actions de répression aveugle menées par l'EMMONAT. Dans la nuit du 15 mars au 16 mars, l'armée décide d'apporter son soutien à Andry Rajoelina. Elle prend le contrôle du palais d'Ambohitsorohitra.

Le 17 mars 2009, confronté à la réalité, Marc Ravalomanana annonce à la radio et à la télévision qu'il dissout son gouvernement et qu'il remet ses pouvoirs à un directoire militaire. Puis, il disparaît littéralement dans la nature. Dans la soirée de ce même 17 mars, à l'Episcopat d'Antanimena, après des débats houleux devant des ambassadeurs dont celui des U.S.A., les membres de ce directoire militaire inventé de toute pièce, remettent les pouvoirs à Andry Rajoelina.

Le 18 mars 2009, la Haute cour constitutionnelle (HCC) entérine cette passation extraconstitutionnelle issue d'un acte tout aussi extraconstitutionnel commis par Marc Ravalomanana (selon la Constitution de la IIIè république : en cas de vacance du président de la république, c'est le président du Sénat qui le remplace), pour combler le vide au sommet de la nation. Le 21 mars 2009, au stade de Mahamasina, c'est l'investiture officielle d'Andry Rajoelina en tant que Président de la Haute autorité de la transition (HAT). Mission : organiser des élections sous 24 mois et rédiger une nouvelle constitution en vue d'instaurer la IVe République.

Mais les choses vont se compliquer avec les mensonges éhontés de Ravalomanana qui réapparaît au Swaziland. Le 25 mars 2009, devant les hautes instances de la SADC, il affirme « qu'il a fait l'objet d'une menace avec un pistolet braqué sur sa nuque et qu'il a été obligé de s'enfuir dans la forêt avec sa famille ». Le mythe du « coup d'état » à Madagascar a ainsi été créé, relayé par des sites et autres blogs créés dans ce but, avec l'argent de Ravalomanana, mégalomane devenu mythomane.

A partir de là, la SADC va entrer dans un jeu infernal en impliquant les deux autres présidents malgaches, Didier Ratsiraka et Zafy Albert, tous jetés hors du pouvoir dans des conditions identiques à celles qui ont mis bas Ravalomanana. Et la crise traînera en longueur, avec des menées subversives financées par les milliards de Ravalomanana, à partir de l'extérieur. Trois ans durant, des rencontres seront organisées dans plusieurs capitales de pays africains membres de la SADC : Maputo, Addis-Abeba, Luanda, Seychelles (île Desroches), Dar es Salaam... Toutes affublées du nom de « rencontres de la dernière chance ». Pour qui ? Mais rien n'en sortira, permettant de faire avancer les choses concrètement. Entre-temps, tout aura été fait pour tenter d'abattre Andry Rajoelina, jusqu'à des attentats sur sa personne physique. Mais il était écrit que plus rien ne réussira à Marc Ravalomanana à force de mensonges éhontés et pour avoir trop prononcé le nom de Dieu afin de tenter de retrouver ses pouvoirs qu'il a lui-même laissé filer entre ses mains.

Il faudra attendre la nuit du 16 au 17 septembre 2011 pour enfin aboutir à un cadre légal signé par tous, sauf Didier Ratsiraka qui n'avait vraiment rien à voir avec la révolution orange. Cette nuit-là, à l'hôtel « Le Paon d'Or » à Ivato, est signée la Feuille de route pour la mise en place d'un gouvernement consensuel et inclusif. Andry Rajoelina reste président de la Transition tout court et exerce les fonction de Chef d'Etat. Mission : aboutir à la tenue d’élections crédibles, libres et transparentes à Madagascar.

Le 1er août 2012 au siège de la CENI-T à Alarobia, c'est l'annonce conjointe CENI-T/Nations Unies, du calendrier pour les élections à venir :

* 08 mai 2013 : élection présidentielle 1er tour ;

* 03 juillet 2013 : élection présidentielle 2è tour jumelée avec les élections législatives ;

* 23 octobre 2013 : élections communales simultanées des membres des Maires et des Conseils communaux et municipaux.

Quoi qu'il puisse arriver, la boucle est bouclée. Ce sera la plus longue période transitoire qu'aura connu Madagascar. Qui se présentera ? Combien seront-ils ? Nous le saurons au cours d'une nouvelle page de l'Histoire de Madagascar qui débutera en janvier 2013. Un sacré nombre.

Jeannot RAMAMBAZAFY – 27 décembre 2012

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