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Promotion pour le développement culturel et social de Madagascar

Publié le par Jeannot Ramambazafy

En écoutant attentivement Mgr Samoela Jaona Ranarivelo lire la douzaine de résolutions issues de cette rencontre initiée par le FFKM -Conseil oecuménique des églises chrétiennes à Madagascar- (en malgache dans la vidéo ci-dessus), c’est simple : dans cet article, je ne vais pas me fatiguer à entrer dans les détails, mais c’est toute la république de Madagascar qu’il faudra recommencer ! Je dis bien TOUTE. Certains ont applaudi comme des imbéciles qui vivent au jour le jour. Un seul exemple aberrant : comme réintroduire l’éducation civique en cette période transitoire ? Tout est à la fois clair et ambigu. L'art oratoire malgache d'imager le réel. Et le peuple malgache, qu'ils prennent au sentiment sans vergogne, dans tout çà ? C'est trop (mal) calculé pour être honnête.

Par ailleurs, ce FFKM semble se donner bonne conscience en regard de l'article 1 de la feuille de route, avec un an et demi de retard:

Feuille de route signée le 16 septembre 2001 à l'hotel "Le Paon d'Or" à Ivato:

1. Continuation du dialogue Malgacho-Malgache entre les Acteurs Politiques Malgaches pour la formation d’un Gouvernement de Transition d’Union Nationale et l’élargissement de la composition du Congrès de Transition (CT), du Conseil Supérieur de Transition (CST) et de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

C'est par cela qu'il fallait commencer. Où était le FFKM à cette période ? Ne vous demandez plus alors, pourquoi les "Fiangonana zandriny" (églises cadettes pour ne pas dire sectes) poussent comme des champignons. Etait-ce vraiment un "dialogue" ou bien l'officialisation des théories de Raymond Ranjeva et consorts (pro-Ratsiraka qui n'a pas signé cette feuille de route), ceux qui ont applaudi comme des diables sortant de leur boîte ?

Mais une fois l’euphorie de ces envolées théoriques passée, il faudra revenir à la réalité vraie. Où les instigateurs de cette année zéro trouveront-ils les moyens (financiers) pour appliquer leurs résolutions ? Ont-ils, au moins, chiffré le coût de ce grand chambardement ou bien, comme à l’accoutumée, ils n’ont fait que dire à haute voix tout ce qui leur passait par la tête, sans réfléchir aux conséquences ? Feront-ils alors appel à des financements parallèles occultes ? Qui fera office de force exécutoire ? Voilà les vraies questions restées sans réponse. On ne change pas les mentalités du jour au lendemain et on ne construit pas une nation en marchant à reculons. Quatre présidents élus dont deux exilés et un empêché n’ont fait de Madagascar qu’un laboratoire d’essais de toutes sortes de projets de société qui ont paupérisé le pays. Avec, en intermède, cinq périodes de transition pour toujours recommencer. Faut pas rêver les gars, surtout que la Communauté internationale -dont on ne peut se passer en l’état actuel des choses- va voir d’un très mauvais œil l’allongement de cette transition qui a déjà duré quatre ans et le report des élections dans lesquelles certains pays ont déjà engagé de grosses sommes. J’aurai aussi applaudi si le FFKM avait « modéré » ainsi dès janvier 2009 et sans baisser les bras. Mais, à l’heure actuelle, Madagascar n’a pas -et n’aura pas- les moyens de ces ambitions bien présentées mais en retard d’un demi-siècle.

En ce Troisième millénaire où la mondialisation entraine des contraintes auxquelles un pays « pauvre » comme Madagascar ne peut échapper, l’heure n’est pas à la phraséologie nationaliste qui a toujours aboutie nulle part. Certes, il y a début à tout, mais ces résolutions puent la complicité d’anciens « filoha » filous qui ont ravagé le pays. Après le record du monde de candidats présidents de la république, Madagascar va gagner le trophée suprême de l’Art de compliquer les choses.

Pour le moment, parlons plutôt de recommandations. Elles seront distribuées à toutes les entités concernées. Qui vivra verra. Mais je rappelle ici que le temps perdu ne se rattrape jamais et on fera jamais du neuf avec du vieux. Aucun de ces instigateurs n’est désintéressé. Le peuple (« vahoaka »)? Ce n’est que la bonne excuse pour commettre les pires infamies sur son dos. Attendez qu’ils soient au pouvoir. Même l’espace de quelques mois… Tenter de refaire la transition de 1991, c’est de la rétrogradation. A cette époque, il n’y avait pas de Sadc (c’est Ravalomanana qui nous a mis dedans) ni de « communauté internationale ». Il faut vivre avec son temps, les gars !

Tiens, une idée plus réaliste, et à la rigueur, pourquoi ne pas organiser un referendum avec la question suivante : Etes-vous d’accord pour les recommandations du FFKM ? Là, le peuple malgache réel tranchera vraiment.

Le FFKM « modérateur » ? Plutôt robot politique en retard d’un siècle, car il a dépassé son rôle de simple "porte-parole". Et l’idée est : ce sera toutes les résolutions ou rien et après nous le déluge. Seigneur, pardonnez-les car ils ne savent vraiment pas ce qu’ils font. (« Andriamanitra ô ! Mamelà ny helony fa tena tsy fantany mihitsy izay ataony »). Mais que ces quatre cavaliers de l'apocalypse malgache soient responsables de leurs actes et paroles.

Jeannot Ramambazafy – 5 mai 2013

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