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Promotion pour le développement culturel et social de Madagascar

Publié le par Jeannot Ramambazafy
Le général Joseph Simon Gallieni, Gouverneur général de Madagascar, de 1896 à 1905

Le général Joseph Simon Gallieni, Gouverneur général de Madagascar, de 1896 à 1905

Plus que trois jours avant que les « sanctions » de la Communication internationale, toutes entités confondues, ne tombent. Sur qui ? Toujours sur le peuple malagasy au final. Dans cette crise qui date de 2009, un seul homme a raison, qui a été plus entendu qu’écouté. Il était à Madagascar en 2009 et son récent jugement prouve que la Sadc est vraiment le problème de la solution, à travers le GIC-M dirigé par le Mozambicain Joachim Chissano.

Ablassé Ouedraogo

Ablassé Ouedraogo

Il s’agit du Burkinabe Ablassé Ouedraogo. Son constat récent est réaliste et raisonnable : « C’est vrai que ces candidatures ne respectent pas toute la légalité, mais la situation des Malgaches est telle que, après quatre ans de crise, il vaut mieux chercher la solution. Et la solution, nous, nous disons qu’avec une pléthore de candidatures – une pléthore parce qu’il y a 41 candidatures – il suffit de responsabiliser les Malgaches, de leur faire confiance, et ils feront le bon choix pour eux-mêmes ».

Madagascar : à la manière de Gallieni ou l’histoire est un éternel recommencement

L’ambassadeur de France, François Goldblatt

La Communauté internationale, à commencer par la France, ne l’entend pas de cette oreille. Elle entend appliquer ce qui se fait de mieux en matière de colonisation et pour casser un système qui va à l’encontre de ses intérêts économiques et financiers. Elle a déjà appliqué la sanction puérile de suspension de visa Schengen, impliquant l’Europe toute entière dans ses visées néocolonialistes. Après des mois de recherches méticuleuses, j’ai réussi à retrouver des documents authentiques et non "épurées" sur la manière de Gallieni de brimer un royaume jadis reconnu par la Communauté internationale de l’époque. Après les avoir lu, vous constaterez que l’histoire est effectivement un éternel recommencement. Le pouvoir de transition actuel avait le temps de prendre des mesures exceptionnelles dans cette période exceptionnelle où la Grande île vit de nos jours, avec ses conséquences néfastes à tous points de vue. Hélas, à force d’écouter les uns et les autres, plus mus par des intérêts personnels que par les intérêts du grand nombre, tout ce qui a été fait n’aura servi à rien à cause des membres d’une classe politique plus soucieux de l’instant présent que de laisser un bel héritage patriotique aux générations futures, après leur mort. C’est l’être et paraître sans devenir. Pour ne pas mourir idiots, les gars, -ceux qui auront 30-40 ans en 2040-, connaissez pourquoi les politiciens de nos jours agissent comme les derniers des imbéciles.

Jeannot Ramambazafy – 28 juillet 2013

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Madagascar : à la manière de Gallieni ou l’histoire est un éternel recommencement

Après la loi d’annexion votée par le Parlement français, le 6 août 1896, le colonel Joseph Gallieni, promu général de brigade, débarque à Madagascar le 15 septembre 1896. Au préalable, Joseph Gallieni avait écrit à Alfred Grandidier : « je ne me préoccupe, ni des textes, ni des règlements. Je vais droit au but général : ramener la paix ; franciser l’île et donner le plus grand appui possible à la colonisation française »...

(…) Quant à l'attitude à prendre vis-à-vis de la reine Ranavalona, le général Gallieni se demanda, dès la première heure, s'il ne conviendrait pas de la déposer et de la remplacer par quelque autre membre de sa famille, moins vaniteux, moins encombrant et plus dévoué. Il s'aperçut très vite qu'elle jouissait encore, dans les campagnes plus peut-être qu'à Tananarive, d'un certain prestige, et qu'il eût été de mauvaise politique de faire disparaître un rouage dont on pouvait tirer quelque parti au profit de l'influence française. Mais il ne s'en appliqua pas moins, par quelques actes significatifs, à montrer à elle-même et aux tiers que les choses ne se passeraient plus désormais comme avant.

Au lieu de lui faire visite, à son entrée en fonction, Gallieni attendit qu'elle prît l'initiative de rendre hommage au représentant de la France; lorsqu'il se rendit ensuite au palais royal, il exigea que le pavillon hova fût enlevé et remplacé pour jamais par le drapeau tricolore; il prescrivit à la reine de ne plus s'intituler désormais que « reine des Hovas » et de ne plus s'occuper que de l'Emyrne; il s'empara, enfin, du grand sceau de l'État, de manière qu'on ne pût plus l'appliquer sur des pièces qui n'auraient pas été visées par l'autorité française. « En résumé, disait-il (Rapport du 10 octobre 1896), la reine est maintenue au pouvoir, mais, tout en continuant à recevoir les honneurs de nature à rehausser encore son prestige aux yeux des Hovas, elle a été dépouillée à notre profit de toutes les prérogatives qui lui permettaient d'avoir une action réelle sur la marche des affaires. Elle doit être désormais un simple instrument entre nos mains et, dans peu de jours, je verrai à écarter d'elle les personnages de sa famille que je sais hostiles à la France, et qui, très certainement, sont en complicité avec les rebelles. L'heure était venue où il ne suffisait plus d'attendre le bon plaisir de l'entourage de la reine et des fonctionnaires hovas pour faire exécuter nos volontés et affirmer notre autorité ».

Déjà, à la suite des premiers faits insurrectionnels, une enquête avait été ouverte par M. Laroche, qui avait abouti à plusieurs condamnations, soit à la mort, soit à l'exil (du fait de l'insurrection, 63 condamnations à mort ont été prononcées, dont 34 par le tribunal malgache, 9 par la cour criminelle et 20 par le conseil de guerre. De ces 63 condamnations, 40 proviennent des procédures achevées ou commencées sous M. Laroche). Mais, atteignant des sous-ordres, ces condamnations étaient pour la plupart demeurées sans effet moral. Le général Gallieni se résigna à frapper à la tête pour s'épargner, par la suite, un trop fréquent recours aux mesures de rigueur.

Rainandriamampandry

Rainandriamampandry

Or, deux hommes considérables, Rainandriamampandry, ministre de l'Intérieur, et le prince Ratsimamanga, parent de la reine, depuis longtemps suspects, furent convaincus d'avoir trempé d'une manière active et soutenue dans la rébellion (voir, au Journal Officiel, le rapport du général Gallieni de mars 1899) : traduits devant le conseil de guerre, ils furent condamnés et exécutés le 12 octobre, en même temps que la princesse Ramasindrasana, très connue pour son hostilité et ses intrigues, était exilée, et que le premier ministre choisi par le général Duchesne donnait sa démission sans être remplacé. Rasanjy devint, dès lors le principal auxiliaire malgache de l’administration coloniale française…

« Je dois reconnaître, écrit Gallieni dans son rapport officiel du 12 novembre 1896, que, si la reine ne nous aime pas, ce qui pour moi ne fait aucun doute, elle fait du moins tout ce que je lui prescris sans la moindre objection, s'appliquant à cacher ses préférences pour les Anglais, s'efforçant par tous les moyens de prouver son dévouement à la France et se mettant franchement en avant dès que je lui adresse la plus légère observation. Jusqu'ici, son attitude m'est utile, me permettant de me servir de son influence pour mieux tenir la population. Elle sait d'ailleurs que je n'hésiterais pas à la déposer le jour où elle se permettrait le moindre acte à l'encontre de mes ordres ».

Le 9 janvier 1897, le ministre des Colonies lui avait répondu : « En ce qui concerne la reine, j'estime qu'il ne faut rien faire pour hâter sa dépossession à moins que sa conduite ne donne lieu de notre part à de nouveaux reproches justifiés... Nous avons tout intérêt à jouer jusqu'au dernier moment de son ascendant, si minime soit-il appelé à devenir, tout en soulignant comme vous avez soin de le faire à chaque occasion publique qu'elle n'a désormais qu'un rôle subordonné à notre haute influence ».

Rasanjy, le traître à la nation malagasy

Rasanjy, le traître à la nation malagasy

Le 28 janvier 1897, Gallieni insiste : « Les dignitaires malgaches ont constamment invoqué les ordres de la reine afin d'entraîner les populations, ce qui prouve que celle-ci a, dans les campagnes surtout, un prestige considérable qu'elle a conservé en partie. Si, à Tananarive même, ce prestige a diminué beaucoup, il n'en serait pas moins dangereux de songer dès à présent à la déposer... L'importance qui s'attacherait à un tel événement tend à diminuer à mesure que, par l'application de la nouvelle politique, les diverses provinces reçoivent leur autonomie. Le nom de la reine sera vite oublié en dehors de l'Emyrne et lorsque l'organisation nouvelle sera complète; je pense qu'il sera possible de décréter la suppression d'un rouage devenu inutile. De celle-ci (la reine), je ne m'occupe pour ainsi dire plus, si ce n'est pour arrêter ses velléités d'indépendance et pour l'empêcher de faire acte officiel d'autorité jusqu'au jour où, oubliée de ses anciens sujets, elle verra sa souveraineté effectivement réduite à néant et où la royauté tombera d'elle-même, à moins que je ne trouve auparavant l'occasion de la supprimer brusquement. Tel est le but que je poursuis lentement et avec toute prudence, sachant que je me conforme ainsi aux desiderata du département. Déjà je ne considère plus l'ancien gouvernement malgache comme un obstacle sérieux avec lequel je doive compter et mon attitude énergique du début a eu pour premier effet que les indigènes se sont vite habitués à ne tenir compte que des ordres à eux donnés par les autorités françaises; ils reconnaissent, d'ailleurs -et j’ai des renseignements précis à ce sujet, grâce au dévouement de Rasanjy-, les bienfaits d'une administration régulière édictée par nos idées de justice et de libéralité, et j'ai tout lieu de penser que la majorité de la population serait peinée de voir revenir l'ancien état de choses dont le peuple a eu tant à souffrir. Toutefois, je le répète, cette évolution sociale a besoin d'être conduite avec la plus extrême prudence; elle est l'objet de mes préoccupations incessantes, et je ne néglige aucun moyen pour éviter une erreur, dont la moindre serait un désastre au point de vue de la colonisation complète, le but primordial à atteindre ».

Quelques semaines passent, l'idée se précise. Le général Gallieni télégraphie le 17 février 1897: «La pacification est entravée par des menées sourdes qui semblent avoir pris recrudescence. L'opposition et la résistance se font sentir du côté de la reine et de la caste noble, tandis que les anciens esclaves et la caste bourgeoise se rapprochent de nous ».

Puis le 20 février encore : « Il me paraît impossible de conserver pendant longtemps l'institution de la royauté, qui est gênante pour l'application du programme de colonisation et qui est exploitée par les ennemis de la domination française. La reine est toujours à la tête de la caste noble et privilégiée, qui est irréconciliable ».

Ranavalona III (Razafindrahety), la dernière reine de Madagascar, mise en exil le 28 février 1897

Ranavalona III (Razafindrahety), la dernière reine de Madagascar, mise en exil le 28 février 1897

Et enfin, le 27 février : « Devant l'inertie de la reine, l'hostilité sourde de certains étrangers et de la caste noble, et la persistance des chefs de bande, selon toute probabilité, à se servir du nom de la reine pour entretenir la méfiance contre nous et préparer de nouveaux troubles au printemps, je me décide à abolir immédiatement la royauté dans l'Emyrne ; en conséquence, j'invite aujourd'hui la reine à résigner ses fonctions : elle quittera Tananarive demain pour Tamatave, où elle s'embarquera pour la Réunion. Les difficultés que rencontrent les communications urgentes m'ont empêché de demander votre assentiment préalable».

Voilà comment débutent les décisions et actes unilatéraux… Sinon, le fait accompli dans toute sa splendeur.

Ces difficultés étaient telles, en effet, que le télégramme précité du 20 février n'était parvenu à Paris que le 1er mars, et que la réponse du gouvernement -où l'on indiquait que la déposition de Ranavalona semblait encore prématurée, à moins de chefs d'inculpation très précis-, partie de Paris le 2 mars, ne joignit que le 19 le général Gallieni, c'est-à-dire près d'un mois après les événements accomplis. A la fin de mars arriva à Paris le rapport de quinzaine du général Gallieni, en date du 26 février, qui expliquait les circonstances auxquelles il avait obéi. Il s'exprimait ainsi :

« Comme je vous l'ai déjà dit, cette attitude se manifeste surtout chez les castes nobles, élèves des missions britanniques, et même au palais, où, malgré ses protestations de fidélité, la reine Ranavalona semble consentir difficilement au rôle nouveau qui lui est imposé. Les chefs des bandes insurgées qui luttent toujours contre nous, ainsi que les représentants des familles andrianes (nobles) affectent de n'agir qu'au nom de la reine, tandis que les anciens esclaves et la plus grande partie de la bourgeoisie, sur lesquels il est de bonne politique de nous appuyer, ne se rallieront complètement à nous que lorsque aura disparu ce dernier vestige de l'ancienne domination hova. Quelques individus même de ces castes ont exprimé à nos commandants de cercle et à moi-même leur appréhension à ce sujet et leur désir de voir annuler le pouvoir de l'ancienne famille royale. Malgré tout, j'aurais persisté à conserver Ranavalona comme souveraine de l'Emyrne. Mais, je vois qu'elle ne peut se soumettre encore à sa nouvelle situation, et en vue de nouveaux troubles à prévoir pour le printemps, je vais me décider à la déposer, afin d'en finir avec cette situation, qui ne saurait durer plus longtemps sans gêner considérablement notre œuvre de colonisation ».

Dans une lettre privée de même date au directeur des affaires d'Afrique, le général ajoutait : «Tant que la reine Ranavalo subsistera, personne, parmi les Malgaches, ne croira encore au nouvel état de choses. Au premier incident grave, on se soulèvera encore en son nom. De plus, malgré mes avertissements le Palais est toujours un foyer d'intrigues. Les Malgaches, aussi bien les hovas que les autres peuplades de l'île, ne peuvent comprendre cette juxtaposition de nos deux intérêts».

Mais, tout entier à sa tâche locale, le général Gallieni ne s'était pas avisé du retentissement qu'aurait en France et en Europe la déposition de la reine Ranavalona, et de la position bizarre où se trouverait le gouvernement. Pour expliquer cette initiative, on n'avait entre les mains que le télégramme excessivement sommaire du 27 février et les rapports antérieurs, lesquels concluaient à l'ajournement de la mesure. Questionné le 18 mars au Sénat par M. Trarieux, le ministre ne put que manifester sa confiance générale dans le commandant en chef et les raisons de cette confiance, sans se prononcer expressément sur le coup d'État lui-même, dont il ignorait encore les détails. Interpellé le 3 avril à la Chambre par M. Pourquery de Boisserin, mais déjà en possession alors de rapports plus précis, il put déclarer « regretter que les circonstances eussent forcé le général Gallieni à prendre cette décision sans avoir pu recevoir l'adhésion préalable du gouvernement, parce qu'il aurait tenu à honneur, quant à lui, de joindre sa responsabilité à celle du général ». Sur quoi la Chambre vota à l'unanimité un ordre du jour « approuvant la politique suivie à Madagascar et adressant à l'armée ses patriotiques félicitations » et, quelques jours plus tard, le général Gallieni reçut le titre de gouverneur, au lieu de celui de résident, qui n'avait plus de sens. Il sera Gouverneur général de Madagascar jusqu’en 1905. Il décéda le 27 mai 1916, à Versailles, à l’âge de 67 ans.

Ainsi se trouva réglée, pour le plus grand bien de la France et de sa nouvelle colonie, la question politique de l'organisation du pouvoir dans la grande île (L'année suivante, la reine Ranavalona fut transportée avec sa suite en Algérie). Mais, en dépit de l'unanimité du vote de la Chambre, cette solution laissa d'assez durables rancœurs au sein d'un certain parti, dont M. Trarieux s'était fait l'interprète discret au Sénat, et qui affectait de voir dans l'exil de la reine l'action de préoccupations confessionnelles parfaitement étrangères et au gouvernement et au général Gallieni. L'on touche ici à un des problèmes les plus délicats qui se soient posés au moment de la colonisation de Madagascar.

La question religieuse à Madagascar était en réalité une question politique, et une question politique des plus complexes, parce qu'elle était à proprement parler internationale. Le fait brutal, éclatant, inquiétant, était celui-ci : parmi les protestants, il n'y avait ni un Français ni un ami de la France. Anglais était l'argent, anglais le personnel, anglais l'enseignement. Au contraire, par la force des choses, bien avant qu'il eût été question pour les Français d'occuper l'île, tous les éléments de leurs actions s'étaient groupés autour des catholiques, et l'on peut dire qu'aux yeux des indigènes, chacune des deux religions s'identifiait avec l'une des deux nations.

Le rôle de la London Missionary Society notamment était si peu limité aux questions confessionnelles qu'en 1885, après la première expédition française, elle avait offert aux Malgaches de leur faire les avances nécessaires au paiement de l'indemnité de guerre et de se charger de tous leurs services de perception d'impôts pour récupérer son argent. Une énergique intervention de la France avait été nécessaire pour empêcher cette combinaison d'aboutir.

« Pasteurs, curés, jésuites, jouent ici le rôle le plus fâcheux et le plus ridicule qu'on puisse imaginer, lit-on dans une lettre privée datée d’avril 1897. Si les missions ont obtenu des résultats sérieux au point de vue de l'enseignement, il n'en est pas de même au point de vue religieux, quoi qu'elles puissent prétendre. Le Malgache n'a pas de convictions religieuses; il l’est simplement au fond de son être. Il change de religion avec une facilité remarquable, au gré du dernier qui lui parle, d'une simple fantaisie même. Cela n'a pas d'importance pour lui. Je gage que, sur un ordre du résident général, tous les Hovas de l'Emyrne se feraient catholiques le lundi, pour se refaire protestants le jeudi de la même semaine si cela leur était prescrit ».

La reine Ranavalona I (Rasoherina). C'est elle qui, déjà, avait envoyé des ambassadeurs malgaches à Paris et à Londres. Avec les Etats-Unis, elle avait signé un accord de commerce qui limitait les importations d'armes et les exportations de bétail. Et la reine Ranavalona I avait même signé un traité de paix avec l'empereur Napoléon III

La reine Ranavalona I (Rasoherina). C'est elle qui, déjà, avait envoyé des ambassadeurs malgaches à Paris et à Londres. Avec les Etats-Unis, elle avait signé un accord de commerce qui limitait les importations d'armes et les exportations de bétail. Et la reine Ranavalona I avait même signé un traité de paix avec l'empereur Napoléon III

Cette appréciation quelque peu sceptique ne se comprend que trop aisément pour qui connaît les origines et les procédés de règne des missions chrétiennes à Madagascar. Après un premier essai pour s'implanter dans l'île, de 1820 à 1835, les protestants anglais en furent chassés alors par Ranavalona I et n'y revinrent qu'en 1861, mais pour se heurter cette fois aux jésuites, fort en faveur auprès de Radama II. Ce dernier ayant été assassiné pour l'excès de ses sympathies françaises, ils s'insinuèrent peu à peu à la Cour.

La reine Ranavalona II (Ramoma)

La reine Ranavalona II (Ramoma)

Jusqu'au moment où, en 1868, Ranavalona II s'étant faite protestante, fut naturellement suivie dans sa conversion par un grand nombre de ses sujets, et accorda cette marque insigne de protection à sa nouvelle religion, qu'elle interdit expressément à tout enfant inscrit dans une école d'en jamais changer dans l'avenir. Cette loi, fondement de la liberté religieuse à la mode malgache, subsistait encore au moment de la prise de possession de Madagascar par la France.

Et l’on s'agitait fort autour de la reine Ranavalona III, dont la profession religieuse semblait aux uns ou aux autres avoir une importance exceptionnelle. On avait été obligé d'éloigner d'elle, sauf pour les cérémonies publiques du culte, ses pasteurs officiels malgaches qui, anciens élèves de la London Missionary Society, l'entretenaient dans un pitoyable état d'esprit à l'égard de la France ; le premier pasteur français qui remplit des fonctions régulières au palais mettait trop souvent la préoccupation religieuse au-dessus du devoir national immédiat, et gémissait avec elle sur la diminutio capitis (Mort civile ou privation des droits de cité, de famille ou de la liberté) infligée aux missions anglaises. Le chef de la mission jésuite, l’évêque Jean-Baptiste Cazet, crut le moment opportun pour tenter un effort suprême à l'effet de conquérir à sa foi la reine Ranavalona. On dut tout d'abord réprimer son ardeur et le prier de laisser celle-ci en paix. Mais bientôt ce fut contre Ranavalona elle-même qu'il fallut lutter. Comme la plupart de ses sujets, elle se demandait si elle ne se concilierait pas les bonnes grâces de la France en revenant à la religion catholique qu'elle avait autrefois pratiquée : par deux fois elle interrogea le général Gallieni (lettre privée de ce dernier du 25 janvier 1897) pour savoir s'il ne conviendrait point qu'elle se convertît; par deux fois il lui fut répondu que la France restait profondément indifférente à cette question; dans une circonstance même, on dut lui interdire de sortir de son palais pour aller aux vêpres.

Le gouvernement français ne cessait pas d'encourager le général Gallieni dans sa résistance aux fantaisies royales et aux compétitions des divers missionnaires :

« J'estime, écrivait le ministre le 9 janvier 1897, que la conversion de la reine au catholicisme serait plus nuisible qu'utile en tout état de cause ».

Dans une lettre privée en date du 27 février 1898, Gallieni écrit : « A Madagascar, le Hova policé, intelligent et avide de se hausser au niveau de l’Européen, qu'il jalouse d'ailleurs, ne peut être traité comme le sauvage Sakalave, qui n'a connu jusqu'à ce jour que le pillage et la chasse aux esclaves ».

Voilà une large tranche de l’Histoire de Madagascar jamais enseignée pas plus avant qu’après les évènements du 13 mai 1972, et surtout pas de nos jours. A quoi pourrait-elle servir, vous demanderez-vous ? Sûrement à rien pour nous qui vivons actuellement, mais elle pourrait être très utile à la jeunesse malagasy des années 2030. Lorsque la classe politique de la Grande île sera débarrassée de ses habitudes d’intrigues et d’actions au profit de ses intérêts personnels. Et surtout du culte de la personnalité.

Pour ce qui est de la situation actuelle, si impossible n’est pas français, il pourrait bien être Malagasy car vox populi vox dei (la voix du peuple est la voix de Dieu)…

Un grand dossier de Jeannot RAMAMBAZAFY – 28 juillet 2013

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
Affiches et posters de quelques-uns des 27 candidats à la présidence de la IIIè république du Mali

Affiches et posters de quelques-uns des 27 candidats à la présidence de la IIIè république du Mali

Dimanche 28 juillet 2013. Il est écrit que, depuis que la France est un pays colonisateur, rien ne l’arrêtera, au nom de ses intérêts. En dépit du fait que nous sommes en plein Ramadan pour les Musulmans, et en pleine saison des pluies au Mali, la Communauté internationale en général, la France de François Hollande en particulier, aura réussi le pari de la tenue du premier tour d’une élection présidentielle au forceps. Qu’importe ce qu’on dit ou pense de lui, la fin justifie les moyens, n’est-ce pas ?

Ainsi, pour choisir entre 27 candidats, les quelque 6,9 millions de Maliens inscrits sur les listes électorales -sur une population totale estimée à 15.968.882 en ce mois de juillet 2013- étaient « encadrés » (pour ne pas dire surveillés) par 4.600 éléments des forces de l’ordre du Mali : garde nationale, police, gendarmerie, forces spéciales de sécurité, protection civile. Mais les risques étant grands, ce premier tour de l’élection présidentielle malienne a été « sécurisé » par 6.300 casques bleus et les 3 200 soldats français restés sur place depuis janvier 2013.

Pour ce qui est des observateurs, un record aura bien été atteint. Ils étaient plus de 5.000 dont 1.281 observateurs internationaux issus de l'Union Africaine (UA), l'Union Européenne (UE), l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) et son parlement. Tout cela après le coup d’état militaire de mars 2012.

Louis Michel s’est déplacé en personne, en tant que chef de la délégation des observateurs de l’UE. Il faut dire que l’UE a injecté 17 millions d’euros dans cette « opération démocratique ». Mais que cache ce grand théâtre où tous les acteurs ne sont que des doublures ? Lors de sa conférence de presse, à l’Elysée le 16 mai 2013, le président François Hollande avait déclaré : « "Je suis attaché à ce que les élections se tiennent à la date prévue sur l'ensemble du territoire pour qu'elles ne soient pas contestées ». Concernant Kidal, il a précisé : « Nous avions dit que nous étions prêts à accompagner l'administration malienne à Kidal pour organiser les élections".

Evidemment ! Ayant annulé la procédure d’appel d’offres, le gouvernement malien par intérim a attribué le marché des cartes électorales à Safran Morpho (Morpho, Numéro Un mondial des documents d'identité biométriques, est une filiale de Safran, une société créée en 2005 et dont l’état français possède 30% des actions) pour plus de 13 millions d’euros. Un contrat juteux qui annonce, sans coup férir, un "marché de la reconstruction" qui ne pourra être bénéfique qu’aux entreprises françaises. Mais au-delà de tout çà, au-delà de l’or malien, il y a tout autre chose…

Ancienne colonie française du Soudan français, le Mali est devenu indépendant le 22 septembre 1960. Depuis un passé pas si lointain que çà, les produits des gisements aurifères ont hissé le Mali au quatrième rang des producteurs africains d’or jaune. Mais ils n’ont jamais permis à ce pays de gravir le moindre échelon au niveau du commerce mondial. En fait, la très grande partie des recettes aurifères alimente des comptes en banque privés, à l’étranger. A charge, en revanche, pour les autorités maliennes, de contenir toute crise sociale. La plus grande mine d’or du Mali se nomme Sadiola. Elle se situe sur une veine aurifère courant de Mauritanie jusqu’en Guinée, le long de la frontière sénégalo-malienne. Cette exploitation a longtemps été financée pour les 2/3 par des Aides Publiques au Développement. La mobilisation des habitants aboutirent finalement à la tenue du premier atelier de concertation en Afrique de l’Ouest, entre exploitants miniers et populations locales. Mais dans la réalité et le vécu, les sociétés et les gouvernants n’ont nullement l’intention, jusqu’ici, de partager ces richesses. Et pour les populations, il n’y aura toujours que l’exploitation et la pollution.

Les sociétés de service comme Orange, Total et autres, ne constituent qu’un écran qui cache tout autre chose. Une situation géostratégique que la France ne compte pas abandonner de sitôt… En effet, le Mali se situe au carrefour de pays « importants », notamment le Niger où Areva exploite de l'uranium. Une possible extension du conflit dans le Nord-Niger aurait eu un impact grave sur la sécurité de l'approvisionnement énergétique de la France.

Le Niger est en effet un pays hautement stratégique pour Areva, qui y tire plus du tiers de sa production mondiale. Si le pôle minier d'Areva ne représente qu'une faible partie du chiffre d'affaires du groupe (14% en 2011), cette exploitation est indispensable au numéro un mondial du nucléaire: c’est cet uranium qui alimente plus du tiers des centrales nucléaires d'EDF (Electricité de France). Ce qui explique pourquoi Areva reste toujours au Niger malgré les dangers. Il faut se rappeler l’enlèvement par Aqmi (Al Qaïda au Maghreb) de cinq salariés des groupes Areva et Vinci, dont le MalgacheJean Claude Rakotoarilalao, le 16 septembre 2010 à Arlit. Outre le Niger, le Mali est aussi frontalier de la Mauritanie, pays riche en pétrole où Total est présent depuis 2005 ; limitrophe de la Côte d'Ivoire, pilier de la zone franc CFA, et voisin de l'Algérie, premier partenaire commercial de la France en Afrique et le troisième débouché pour les exportations françaises en dehors de l’Organisation de coopération et de développement économiques ou OCDE.

Alors qu’importe le candidat élu président malien en cette année 2013. Le retour de la démocratie, à travers ce vote au suffrage universel au forceps, sera aussi le retour aux « affaires ». Mais si le nouveau président élu était « malléable », que demande François Hollande, n’est-ce pas ? Rappelons qu’Areva, fondé en 2001, est un groupe industriel français dans le domaine du nucléaire. Il est présent dans 100 pays au niveau commercial et dans 43 pays au niveau industriel.

Dernière information pour les « curieux » qui ne sont pas Maliens : l’élection présidentielle 2013 au Mali en temps réel est sur http://malivote.com/

Dossier de Jeannot RAMAMBAZAFY – 28 février 2013

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Publié le par Jeannot Ramambazafy

Samedi noir, le 27 juillet 2013 à Antananarivo ? Jugez-en par vous-même. Reportage effectué entre midi et midi et dix minutes, du tunnel d'Ambanidia au Magro de Behoririka, en passant par Ambohijatovo, Analakely, avenue de l'Indépendance, et Soarano.

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Publié le par Jeannot Ramambazafy

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
Ramtane Lamamra,  Commissaire de l'Union africaine à la Paix et à la Sécurité

Ramtane Lamamra, Commissaire de l'Union africaine à la Paix et à la Sécurité

Excellence,

J’ai l’honneur d’accuser réception de votre lettre datée du 18 juillet 2013, à laquelle je réponds, à titre personnel, pour vous confirmer, ainsi que vous l’avez souhaité, l’authenticité de l’Aide-mémoire portant «Plan en sept points pour sortir le processus électoral de Madagascar de l’impasse ». Celui-ci, comme son nom l’indique, n’a pour objectif que de préciser et fixer les termes d’une sortie de l’impasse du processus électoral tels que la délégation du GIC-M a eu l’occasion d’en discuter avec vous-même ainsi qu’avec d’autres interlocuteurs. La diffusion de ce document par la presse malgache n’engage en aucune manière notre responsabilité. Mais si cette indiscrétion malencontreuse a abouti à éclairer de nombreux Malgaches sur la sincérité et l’équilibre de la démarche de la communauté internationale face aux tentatives de distorsion des faits et autres interprétations tendancieuses, elle aura aidé le peuple souverain de Madagascar à former son jugement sur les responsabilités en cette étape difficile de son Histoire contemporaine.

La franchise et la bonne foi qui ont caractérisé mes efforts en votre direction m’autorisent à vous dire la grande tristesse que m’inspirent la tonalité et la teneur de votre correspondance. Cette dernière est si indicative d’une inclinaison à l’immobilisme, alors que l’initiative est un devoir en de pareilles circonstances pour tout Homme d’Etat investi de responsabilités nationales, qu’elle fait craindre que vous ayez délibérément choisi de ne pas saisir l’opportunité qui s’offre à vous de faire l’Histoire plutôt que de la subir. Je veux pourtant continuer d’espérer que vous trouverez en vous-même la volonté d’aller à la rencontre des aspirations du peuple malgache et des attentes de la communauté internationale en prenant les décisions qu’appelle un processus salutaire de sortie de crise.

Tous nos efforts n’avaient pas d’autre ambition que de vous voir prendre une telle voie. Je veux croire que vous prendrez bien cette voie.

Je vous prie d’agréer, Excellence, l’assurance de ma haute considération.

25 juillet 2013

RAMTANE LAMAMRA

Commissaire à la Paix et à la Sécurité

S.E. Monsieur ANDRY NIRINA RAJOELINA

Président de la Transition

Antananarivo

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
Andry Rajoelina répond à Ramatane Lamamra

TRANSCRIPTION

Président de la Transition

LE PRESIDENT

A Monsieur Ramtane Lamamra

Commissaire à la Paix et à la Sécurité

de l’Union Africaine

Antananarivo, le 18 juillet 2013.

Monsieur le Commissaire,

Permettez-moi tout d’abord de vous renouveler mes sincères remerciements pour votre engagement personnel à accompagner Madagascar vers le retour à l’ordre constitutionnel et matérialisé récemment par votre déplacement à Madagascar.

Nous avons pris connaissance, avec la plus grande surprise, du contenu du document intitulé « aide-mémoire », articulant un plan en sept points pour sortir le processus électoral malgache de l’impasse, a reçu une très large diffusion dans la journée du 16 juillet 2013 et fut officiellement distribué à tous les participants à l’Assemblée générale élargie de la CENIT.

Quatre point, parmi les sept indiqués, peuvent être considérés comme des instructions ou des directives auxquelles les autorités malgaches doivent obtempérer si bien que la presse parle des « 7 commandements du GIC ».

Le point un impose au Président de la Transition de devoir légiférer par voie d’ordonnance, dans un laps de temps très court, pour modifier une loi organique adoptée par les représentants du peuple sur une matière aussi sensible qu’est le code électoral, et qui plus est, modifie radicalement l’esprit de ce texte fondamental au milieu du processus électoral.

Le point trois concerne tout particulièrement le président de la Transition qui doit retirer sa candidature unilatéralement et sans condition.

Les termes utilisés apparaissent comme des ordres qui doivent être exécutés.

Le point quatre se rapporte à la restructuration de la plus haute juridiction électorale du pays, au motif que la décision qu’elle a rendue en dernier ressort au nom du peuple malgache, ne traduirait pas son * impartialité et sa neutralité *. Je tiens à rappeler, cependant, qu’en signant avec les parties malgaches la Feuille de route pour une sortie de crise à Madagascar, la Communauté internationale s’est engagée à reconnaître l’intégrité territoriale et la souveraineté des Etats membres ainsi que la compétence, la légitimité et l’indépendance de leurs systèmes judiciaires.

Face à de telles instructions assimilables à des ordres stricts envers l’Etat malagasy et foulant aux pieds notre souveraineté nationale, je voudrais confirmer auprès de vous l’authenticité du document dont le ton et le contenu diffèrent sensiblement du langage habituel en matière diplomatique. Si ce document s’avère authentique, et au nom du peuple malgache, que j’ai l’insigne honneur de représenter, je tiens d’ores et déjà à vous faire part de ma profonde indignation par rapport au processus d’élaboration de cet aide-mémoire.

Malgré ma ferme volonté ainsi que mon engagement personnel à sortir définitivement Madagascar de cette crise qui s’enlise, ma position personnelle et celle des autorités malgaches s’en trouve plus que difficile vis-à-vis du peuple malgache. Obtempérer à ces directives sera considéré comme un abandon de la souveraineté du pays dont je suis le garant, en vertu de l’article 45.2 de la Constitution qui dispose que le Chef de l’Etat « veille à la sauvegarde et au respect de la souveraineté nationale tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ».

Vous comprendrez alors l’embarras dans lequel je me trouve avec la publication d’un tel document inacceptable dans l’opinion publique.

Dans un tel contexte, la prise d’une ordonnance sur les matières nécessitant une réforme me paraît inopportune. La saisine du Parlement, qui peut être convoqué en session extraordinaire, me paraît nécessaire.

Veuillez agréer, Monsieur le Commissaire, les assurances de mes considérations distinguées.

Andry Nirina Rajoelina

Président de la Transition de Madagascar

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Publié le par Jeannot Ramambazafy

Bande annonce video (Version Malagasy) : lancement de la campagne pour la paix à Madagascar intitulée « Ity Madagasikara antsika ity »

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Publié le par Jeannot Ramambazafy

Mpianatra malagasy any Sina mandray ny vatsim-pianarana avy amin'ny fanjakana. Mitaky ny handoavana ny vatsim-pianarana tsy voaloha. mijaly ny mpianatra , bokan-trosa ny Ray aman-dReny, tsy afaka mody izy ireo fa sady tsy misy vola hatao saran-dalana no voatazona any amin'ny sekoly sy ny tompon-trano ny pasipaoro

Ho an’ Andriamatoa Filohan’ny Fahefana Avon’ny Tetezamita,

Voninahitra ho anay mpianatra vatsian’ ny fanjakana Malagasy fianarana aty Sina no manao izao fanambarana izao:

Araka ny fampanantenana izay nataonao Andriamatoa Filohan’ny fahefana Avon’ny Tetezamita tany Macau ny 22 Martsa 2013 lasa teo handoa ny volanay 18 volana tsy voaloa hatramin’ izay na ny‘’arrieres’’ ianao izay nanomezanao toky ho tanterahina amin’ ity volana jolay diavintsika ity.

Vahaolana haingana noho izany no takianay satria betsaka ny olana mianjady : maro ny mpianatra manofa trano ivelan’ ny Oniversite ka efa nogiazan’ ny tompon – trano ny passeport noho ny tsy fandoavana hofan – trano volana maromaro, ny Ray aman-dReny efa bokan’ny trosa sady efa lany fananana namidy nandritra ny roa taona, ny olana ara-pahsalamana eo ihany koa.

Manantena ny fahendrenareo Ray aman – dReny mpitondra fanjakana mahefa handoa ny vatsim-pianaranay 18 volana miaraka amin’ ny fampitaovana tsy voaloa.

Masina ny Tanindrazana!

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
Sommet de la Troïka de la Sadc, Pretoria, le 20 juillet 2013. De g. à dr. Au premier plan : Tomaz Augusto Salomao, Secrétaire exécutif : les Présidents Armando Guebuza, Jakaya Kikwete et Jacob Zuma

Sommet de la Troïka de la Sadc, Pretoria, le 20 juillet 2013. De g. à dr. Au premier plan : Tomaz Augusto Salomao, Secrétaire exécutif : les Présidents Armando Guebuza, Jakaya Kikwete et Jacob Zuma

Nous allons nous passer de tout commentaire, mais voici la traduction de la partie concernant la République de Madagascar, à l’issue du Sommet de la Sadc qui s’est tenu le 20 juillet 2013 à Pretoria en Afrique du Sud.

7. Concernant la République de Madagascar

7.1 Le Sommet a recommandé à l’ancien Président de la République du Mozambique, Médiateur de la Sadc sur la crise à Madagascar, Son Excellence, Joachim Chissano et le Groupe International de Contact, de poursuivre leurs efforts pour assurer à ce pays un retour à la normalité constitutionnelle.

7.2 Le Sommet a lancé un appel à la Commission électorale nationale Indépendante (CENIT) pour qu’elle établisse un nouveau calendrier électoral afin de permettre au processus électoral de se déclencher de toute urgence.

A présent, ci-après le communiqué intégral rédigé en anglais. Aux « interpréteurs » d’interpréter ce qu’ils veulent. Mais par rapport à l'aide-mémoire abondamment publié par le GIC-M et l'UA, il y a quelqu'un qui ment quelque part...

Jeannot Ramambazafy

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Sadc communiqué on Pretoria summit on Zimbabwe, DRC, Madagascar

Madagascar: changement de ton au niveau de la Troïka de la Sadc. Quelqu’un ment quelque part...

1. The Summit of the Troika of the Organ on Politics, Defence and Security Cooperation plus Mozambique was held in Pretoria, South Africa on 20 July, 2013.

2. The Summit was chaired by His Excellency President Jakaya Mrisho Kikwete, President of the United Republic of Tanzania and Chairperson of the Organ on Politics, Defence and Security Cooperation.

3. The Summit was attended by the following Heads of State and Government or their representatives:

Mozambique - H.E. Armando Emilio Guebuza, President of the Republic of Mozambique and Chairperson of SADC

South Africa - H.E. Jacob Gedleyihlekisa Zuma, President of the Republic of South Africa

Tanzania - H.E. Jakaya Mrisho Kikwete, President of the United Republic of Tanzania

Namibia - Hon. Netumbo Nandi Ndaitwa Minister of Foreign Affairs

4. The Summit was also attended by the Executive Secretary of SADC, Dr. Tomaz Augusto Salomao.

5. Summit considered the political and security situation in the region, in particular the latest development in the Democratic Republic of Congo, the Republic of Madagascar and the Republic of Zimbabwe.

6. On the Democratic Republic of Congo (DRC)

6.1 The Summit noted the progress made towards the deployment of the Intervention Brigade in Eastern DRC and commended other Member States for the support rendered in ensuring stability in the country.

6.2 The Summit further noted the deteriorating humanitarian situation in Eastern DRC following the recent clashes and called on the International Community and all partners to assist the general population which has suffered from this conflict.

7. On the Republic of Madagascar

7.1 The Summit commended the former President of the Republic Mozambique and SADC Mediator on Madagascar crisis, H.E. Joaquim Chissano and the International Contact Group for their efforts in ensuring the country is brought back to constitutional normalcy.

7.2 The Summit called upon the Independent National Election Commission (CENIT) to come up with a new electoral calendar in order to allow the electoral process to commence as a matter of urgency.

8. On the Republic of Zimbabwe

8.1 The Summit was pleased to note that all the political parties have committed themselves to ensuring that the forthcoming elections are held in a peaceful environment. Summit encouraged the Government, all political parties and leaders to continue with these commendable efforts which will help realize credible elections.

8.2 The Summit commended the Government of Zimbabwe for extending an invitation to SADC Member States to deploy election observers and the manner in which these Observer Mission has been received in Zimbabwe.

8.3 The Summit commended H.E. Jacob Zuma, President of the Republic of South Africa and SADC Facilitator for his tireless efforts in ensuring that the Zimbabwe political stakeholders hold successful elections.

8.4 The Summit noted the problems that arose during the special vote on 14-15 July 2013 and would like to commend ZEC for taking these up as challenges to be overcome on the 31st of July, and called upon all political parties to cooperate as fully as possible with ZEC in order to ensure that it is able to meet these challenges.

9. The Summit congratulated H.E. Nelson Rolihlahla Mandela, Former President of the Republic of South Africa for his 95th birthday and wished him a quick recovery.

10. The Summit appreciated the support extended to the former President of the Republic of South Africa by the Government and the people of South Africa.

11. The Summit expressed its appreciation to the Government and people of the Republic of South Africa for the warm hospitality extended to all delegates and facilities placed at their disposal that made the Summit a success.

Done in Pretoria, Republic of South Africa

July 20, 2013

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Publié le par Jeannot Ramambazafy
" Que l'on nous écoute, nous le Peuple Malagasy "

" Que l'on nous écoute, nous le Peuple Malagasy "

Suite de la rencontre entre le collectif des candidats et Norbert Ratsirahonana, un projet d’ordonnance permettant la restructuration de la Cour Electorale Spéciale (CES) et la révision de la liste des candidats à la présidentielle, a été élaboré.

Et effectivement, pourquoi faire facile lorsqu’on peut tout compliquer dans l’esprit du peuple Malagasy jamais concerté, considéré comme un enfant attardé qui n’a pas droit au chapitre de la construction d’un avenir meilleur ? Mais, paradoxalement, à qui fait-on appel pour être élu ?… Cela fera toujours l’affaire du maréchal Abstention, et la prise de pouvoir par la rue deviendra toujours la règle dans la Grande île de l’océan Indien.

Composition de la nouvelle Cour Electoral Spécial (CES) proposée par ce projet d’ordonnance du collectif des candidats

Cette CES sera composée de personnalités de compétence et expérience reconnues pour les missions de la CES, avec un statut de membre titulaire et de membre observateur. Les anciens membres seront inéligibles.

11 membres titulaires:
06 magistrats, dont un par province, tous originaires de la province.

03 administrateurs civils, désignés par leurs pairs

02 enseignants d'université, choisis par leurs pairs, et issus de chacune des deux facultés de droit existantes. Ils éliront leur président et auront droit de vote.

10 membres observateurs:

04 observateurs nationaux, désignés par la société civile

04 observateurs internationaux, désignés par la Communauté internationale
01 observateur par candidat, à l'issue de l'adoption de la nouvelle liste révisée des candidats.

01 observateur par signataire de la feuille de route, après l'adoption de la nouvelle liste révisée des candidats, sauf pour ceux qui sont déjà représentés par un candidat. Ils n'auront pas droit au vote.

Pour le collectif des candidats : « L’objectif de cette nouvelle CES est de lever les obstacles à la tenue d’élections crédibles et de s’assurer de l’apaisement avant, pendant et après le scrutin. C’est une occasion à ne pas rater pour les Malgaches, si l’on veut tenir des élections crédibles reconnues tant au niveau national qu’international ». Oui, mais il faut demander leur avis AU PREALABLE, que diable !

En réalité, l’objectif est d’éjecter sous une forme pseudo-légale les trois candidats qui font peur à la communauté internationale, en particulier Andry Rajoelina qui, selon certains observateurs « rasanjistes », « perdra toutes les opportunités de sortir le pays de l’impasse, et tous ses biens et comptes bancaires à l’étranger seront gelés ainsi que ceux de sa famille». Toute trahison a un salaire, effectivement. Un des synonymes du mot « traître » n’est-il pas « vendu » ?

Mais où se trouve l’intérêt réel du grand nombre des Malagasy obligés, dès lors, de se contenter de candidats pré-formatés pour servir les intérêts de la France ? Les membres de ce collectif n’ont-ils pas été spécialement invités à la Résidence de France, le 14 juillet 2013, pour entendre un discours diplomatiquement incorrect et très « gallienien » -tiré du nom du général Joseph Gallieni, l’orfèvre de la politique du « diviser pour régner »- ? A moins que ce ne soit les Africains qui iront élire le premier président de la IVème république de Madagascar ?

Car c’est fou, mais tous ces candidats qui prétendent parler et agir au nom du « vahoaka » (peuple) n’ont jamais donné de signes palpables pour l’intégrer dans ce processus dicté par des étrangers. Du moins, lui demander son avis. N’oublions pas que les membres du CT (Assemblée de la transition) et du CST (Sénat de la transition), censés représentés ce peuple n’ont pas été élus mais nommés. Ils n’ont légalement pas droit au titre de représentants directs du peuple, s’il leur arrivait de réagir. Et c’est bien une des limites d’un régime transitoire, dans la pratique. Quid aussi de la position de la dizaine de candidats hors de ce collectif ? Nous sommes au centre de cet art très malagasy de compliquer les choses…

Comment aussi considérer Norbert Ratsirahonana ? Traître authentique ou simple émissaire qui va mettre tout le monde devant un fait accompli ? Celui d’une énième et volte-face du Président de la Transition (le refrain « je ne suis pas candidat, je suis candidat, je ne suis pas candidat », est aussi lassant que puéril et fatiguant à la longue). Qui lui sera irrémédiablement fatale. Car Lalao Ravalomanana, elle, ne se désistera jamais, selon Mamy Rakotoarivelo. Et il faut le croire sur parole celui-là, dans ce domaine du fanatisme aigü incurable : « Tokana ny plan ny movansy Ravalomanana dia i Neny ihany. Izahay tsy hanala ny kandidàn’i Neny… Aleo handeha ny kandidà 41 izay matahotra ny hilatsaka dia aleo hijanona fa tsy maninona. Na Rajoelina aza dia aleo hilatsaka ». En clair : la mouvance Ravalomanana n’a qu’un plan : nous ne retirons pas la candidature de Lalao Ravalomanana. Que tous les 41 candidats puissent se présenter et que les peureux se désistent çà ne fait rien. Mais laissez tous les 41 candidats, même Rajoelina, se présenter. (Magro, ce 20 juillet 2013).

Quant à Didier Ratsiraka, il compte pour beurre, ne lui prêtons pas attention. Il a encore des partisans, certes, mais il est là pour amuser, une dernière fois, la galerie. A 77 ans, pour se donner une importance qu’il a perdue par deux fois. Big Max Ratsimandisa (journaliste qui faisait office de bouffon du roi, à chaque retour au pays du président Ratsiraka, avec ses questions « impertinentes » mais acceptées et tolérées par l’Amiral) doit bien rigoler là où il se trouve.

La semaine qui vient sera effectivement celle de tous les dangers. Pour le moment, Andry Rajoelina a encore le pouvoir de demander leur avis aux Malagasy, par le biais d’un referendum national à propos des 41 candidats sans exclusif. Jusqu’où ira la force de la pression de tous ces Rasanjy (nom devenu synonyme de traître à sa nation) qui le cernent ? L’Histoire ne sera-t-elle effectivement qu’un éternel recommencement ? En tout cas, en le téléguidant dans son choix, le peuple sera frustré et comme le dit un adage : « Aleo alan’Andriana toa izay alan-bahoaka » (faites-vous traduire, je commence à en avoir un peu marre de tout ce mauvais cinéma).

Je répète une fois encore que ce peuple est, certes, versatile, mais il assimile très vite une situation. Il n’y a que les politiciens qui n’assimilent rien du tout, obnubilés par leurs intérêts personnels, leur ambition, une gloriole passagère. Comme un titre sur une carte de visite, par exemple ? C’est triste mais c’est comme çà. A quand donc le vrai et palpable changement de comportement dans la pratique de la res publica à Madagascar ? Bof, cela peut attendre, le peuple Malagasy n’a pas encore assez bien souffert car il arrive encore à survivre malgré tout ce qu’on dit.

Ho an’ny Filohan’ny Tetezamita Andry Rajoelina mivantana :

MITSANGANA IANAO FA TANORA, IZAO NO ANDRO, IZAO NO ORA, MIJOROA SAHIA TOKOA HO LEHILAHY.

Jeannot Ramambazafy – 20 juillet 2013

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