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Promotion pour le développement culturel et social de Madagascar

Publié le par Jeannot Ramambazafy
Andry Rajoelina, Président de la Transition de Madagascar, faisant de la démocratie directe

Andry Rajoelina, Président de la Transition de Madagascar, faisant de la démocratie directe

Je viens d’écouter les âneries de Philippe Rajaona, vice-président national du Leader Fanilo, lors d’une émission diffusée sur la radio AFRICA N°1, le jeudi 24 janvier 2012 à 18h, sur le thème Madagascar, et dont j’ai gardé soigneusement l’enregistrement. Je ne vais pas traiter de son intervention, sinon il va risquer d’être atteint d’un infarctus, tellement sa prestation, aussi si bien que sa vision, étaient minables. Cela de la part d’un homme que j’avais toujours cru intelligent et sensé.Mais à quoi sert donc les diplômes pour certains ? Vraiment ! En plus, on combat pour Madagascar sur le terrain et non pas en y faisant des escales sporadiques.

Philippe Rajaona, l'homme qui répond lui-même à ses questions de "non-dit malgache", en bras de chemise

Philippe Rajaona, l'homme qui répond lui-même à ses questions de "non-dit malgache", en bras de chemise

En fait, c’est un Malgache qui a trop longtemps vécu en France et dont l’argumentation ne repose sur rien de bien concret. Rien que du contradictoire et du constat style ITF (Inspecteur des travaux finis). Il semble régler des comptes avec lui-même pour se blanchir (« manadio tena » en malgache). Herizo Razafimahaleo doit se retourner dans sa tombe car le parti qu’il a fondé -sur des principes trèsréalistes et réalisables- est tombé entre les mains d’apprentis sorciers touche-à-tout. Enfin, il faut de tout pour faire un monde. Mais si çà vous amuse d’entendre la prestation de Philippe Rajaona, CLIQUEZ ICI.

Lors de ce « Grand débat », une phrase m’a fait tiquer, de la part des débatteurs : "Andry Rajoelina qui organise les élections" , d'un ton d'assurance à 1000%. Voilà comment on tronque superbement la vérité historique pour faire place au « prestige » tordu de faiseur d’opinion. A se demander sur quoi repose la crédibilité de certains journalistes de nos jours. Suis-je bête, elle tient à un mot : audimat, possible contraction de ho dit, m’as-tu vu (lu et entendu) !

En tant que journaliste d’investigation depuis 27 années de braise, il est de mon devoir de rétablir cette vérité historique, même si je suis tout seul, face à des médias puissants en audience, qui profite de ce fait pour induire le monde entier en erreur.

Andry Rajoelina n’organise pas les futures élections. Son rôle aura été d’apporter un « break » dans une IIIè république tombée entre les mains d’un personnage devenu mégalomanana, jusqu’à l’avènement de la IVè république de Madagascar. Si elle a duré 4 ans, allez donc demander aux politicards beaux parleurs pourquoi ! Mais comment prouver qu’il n’organise pas les élections ? Mais tout simplement en lisant la fameuse feuille de route qu’aucune personnes présentes lors de cette émission semble maîtriser.

II. Cadre Électoral

10. Elaboration et mise en œuvre, avec l’appui des experts des Nations Unies, d’un cadre électoral crédible, neutre, transparent et indépendant, fondé sur le respect des droits fondamentaux et des normes internationales, notamment par:

a. L’élargissement de la composition de la CENI et la révision de ses tâches essentielles pour assurer une représentation équilibrée de tous les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route. La CENI devra être chargée d’organiser toutes les élections, notamment les élections législatives, présidentielles et municipales. Disposant des pleins pouvoirs dans la gestion de l’ensemble du processus électoral, la CENI aura la responsabilité d’assurer que les élections se déroulent de manière libre, juste et transparente. Lesdits pleins pouvoirs de la CENI s’arrêtent à la publication des résultats provisoires des élections;

b. la révision du Code électoral;

c. promouvoir l’adoption et le respect d’un Code d’Éthique et de Bonne Conduite Électorale des Acteurs Politiques Malgaches;

d. l’utilisation du système du bulletin unique;

e. l’éducation électorale;

f. la révision systématique des listes électorales;

g. Le calendrier électoral sera déterminé conjointement par la CENI et les représentants des Nations Unis sur la base du rapport de la mission d’évaluation des besoins électoraux des experts nationaux et internationaux et ce pour organiser des élections crédibles justes et transparentes dans les meilleurs délais possibles à Madagascar;

h. la distribution au niveau des 119 districts des données et du matériel des centres informatiques régionaux.

11. Une Cour Électorale Spéciale devra être créée à titre exceptionnel et provisoire. Elle sera chargée du contentieux électoral et de la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles et législatives. Le fonctionnement, la composition et la compétence de ladite Cour seront fixés par une loi adoptée par le Parlement de Transition;

12. En vue de mieux assainir l’espace politique malgache, le Parlement de Transition devra adopter de nouvelles lois sur les Partis Politiques et le Statut de l’Opposition;

13. La Société Civile Malgache est invitée à faire l’observation des élections législatives et présidentielles et à interpeller les Acteurs Politiques Malgaches qui transgressent le Code d’Éthique et de Bonne Conduite Électorale. La communauté internationale sera appelée à soutenir le renforcement des capacités de la société civile;

Voilà. Il faut exactement dix minutes pour lire et comprendre ce passage de la feuille de route. Pas la peine de faire sous sous-lignage. La CENI-T a été créée depuis. Ses membres ont été élus par leur corps d’origine et le calendrier électoral pour 2013 a été arrêté conjointement par la CENI-T et les Nations Unis, représenté par le PNUD à Madagascar. Faut-il, dès lors, prendre les pays et entités qui ont déjà avancé des sous -par deux fois déjà- pour le « Basket fund » du projet d’appui au cycle électoral à Madagascar (PACEM), pour des idiots ?

Lors de sa déclaration de non-candidature, le 15 janvier 2013, Andry Rajoelina avait suggéré que les élections législatives se fassent avant l’élection présidentielle ? Pourquoi ?

Je n’ai jamais été un avocat du diable mais si vous avez vécu, comme moi, toutes les élections présidentielles passées, de 1972 à 2006, vous adhèrerez à cette interversion du calendrier électoral établi conjointement par la CENI-T et l'ONU. En effet, depuis toujours, c’était l’élection présidentielle qui passait en premier. Résultat ? Tous les parlementaires élus par la suite ralliaient sans vergogne le parti du président élu démocratiquement. Mais dans la pratique, il n’y avait plus aucun débat démocratique à l’Assemblée et au Sénat. J’ai vécu le régime sous le Parti social démocrate (PSD de Tsiranana) ; j’ai vécu le régime sous le parti AREMA (Pilier de la révolution malgache de Ratsiraka) ; j’ai vécu le régime sous le parti UNDD (Union de je-ne-sais-plus-quoi quoi de Zafy Albert, l’étoile filante) ; j’ai re-vécu le second régime du parti AREMA devenu Avant-garde de la renaissance malgache) -j'y ai même survécu ayant été pris en otage par les fédéralistes menés par Coutiti, En 1991 à Diego- ; j’ai vécu, enfin, le régime sous le parti TIM (Tiako i Madagasikara de Ravalomanana). Tous ces présidents ont été jetés hors du pouvoir par le peuple ! Voilà les résultats d’une présidentielle avant des législatives pour un président élu « démocratiquement ». Que celui qui ose dire que j’invente un roman se lève, qui qu’il soit.

La thèse d’un scénario à la Poutine, relevé par notre confrère Christophe Boisbouvier de RFI, émane d’un esprit d’éternelle volonté à… vouloir comparer l’incomparable. De la part du président de la transition donc, il s’agit juste d’une suggestion et non d’une imposition unilatérale comme on veut le faire entendre, au même titre que la notion de coup d’état en 2009. Et c’est pour çà qu’Andry Rajoelina reprendra à nouveau son bâton de pèlerin, non pas pour convaincre la communauté internationale mais pour expliquer les raisons de sa proposition qui n’est rien qu’une proposition. Et comme je le dit toujours : la communication, c’est avant tout, expliquer, expliquer, expliquer. En tout cas, si j’avais le moindre doute sur les intentions d’Andry Rajoelina -qui, dès 2009, n’avait jamais caressé l’idée de s’accrocher au pouvoir, et je parle en connaissance de cause-, croyez-moi que je serai le premier à le tancer vertement.

Jeannot RAMAMBAZAFY-26 janvier 2013

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