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Promotion pour le développement culturel et social de Madagascar

Publié le par Jeannot Ramambazafy
Hery Martial Rakotoarimanana Rajaonarimampianina

Hery Martial Rakotoarimanana Rajaonarimampianina

Non, vraiment, le nouveau président malgache n’a jamais lu l’Histoire politique de Madagascar comprise entre les régimes Ratsiraka et Ravalomanana. Dès lors, pourquoi son sort diffèrerait de ceux-là ? Car en limogeant subitement le président de la HCC (Haute cour constitutionnelle) qui, un mois plus tôt, avait procédé à sa prestation de serment suivie de son investiture, la démarche est simple : faire dévier le sens et l’esprit de la constitution sur laquelle il a prêté serment, pour qu’elle soit taillée à la mesure de son ambition de rupture dans la continuité.

Selon l’article 114, c’est son droit le plus strict, mais lorsque l’on découvre le nom de l’un des nouveaux membres, en l’occurrence Jean Eric Rakotoarisoa -qui a maintes fois interprété le sens de l’article 54 à l’avantage du nouveau président de la république-, c’est clair : à défaut de toilettage direct, et au risque de piétiner cette constitution de manière trop flagrante, ce sera toute une série de décisions influencées par la crainte et la corruption. Or, à partir du moment où un chef d’Etat s’amuse à jouer à cache-cache avec la loi fondamentale, base de tout état de droit, il ne reste jamais longtemps à son poste.

Rajaonarimampianina: même erreur fatale que ses prédécesseurs

Par ailleurs, en menaçant « certains journalistes » qui pourraient « mettre en danger la démocratie naissante à Madagascar », on se demande si, bientôt, il ne va pas aussi s’arroger le titre de « Père de la Démocratie malgache ». Ignore-t-il que, sans liberté de presse il n’y a pas de démocratie ? Hery Rajaonarimampianina est tout simplement en train d’installer une dictature qui ne dit pas son nom mais aussi une atmosphère de désobéissance civile qu’il espère mater en amadouant les Forces armées qu’il vient de baptiser « Tafim-bahoaka » (Armée du peuple). Il a oublié que ce sont les 53% de ce peuple qui l’a choisi, plutôt que Jean Robinson et c’est à ce peuple qu’il doit rendre des comptes.

Sans commentaires...

Sans commentaires...

Concernant la révolution orange de 2009 qui lui a permis d’être ministre des Finances et de Budget du régime de Transition, il est devenu amnésique. Rejeté avec dédain également le fait que sans l’entité MAPAR (« Miaraka amin’ny Prezidà Andry Rajoelina »), il n’aurait jamais été élu président de la république. Sa logique était : une fois élu, j’aurai tous les pouvoirs. Eh bien, c’est ce qu’on ne va pas tarder à savoir, dans les prochaines semaines, les prochains mois. En ayant méprisé les vrais artisans de sa « victoire », il va se trouver confronter à l’identité culturelle malgache qu’il semble aussi minimiser car, comme il l’a clamé : « Izaho no nofidian’ny vahoaka ! » (C’est moi que le peuple a élu !)

Pour le moment, il gagne du temps. Mais ce ne sera toujours que reculer pour mieux sauter vers sa propre chute. Et, au lieu de rassembler les Malgaches, il n’a fait que les diviser -à tous les niveaux- à cause d’un article 54 pourtant clair comme de l’eau de roche. Retenez cet article (celui que vous lisez ici) car, à partir de la date de sa parution sur ce blog, le temps de l’expert-comptable est… compté. Mais sans que le pays ne se développe. Car la pensée unique est de retour à Madagascar, au nom de cette fameuse rupture dans la continuité.

Antananarivo, le 27 février 2014

Jeannot Ramambazafy

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