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Promotion pour le développement culturel et social de Madagascar

Publié le par Jeannot Ramambazafy
La "Une" du quotidien Midi Madagasikara de ce 7 janvier 2014

La "Une" du quotidien Midi Madagasikara de ce 7 janvier 2014

Chassez le naturel, il revient au galop. En ce début du mois de janvier 2014, le monde entier va enfin être convaincu que Marc Ravalomanana n’est qu’un menteur et un parjure que rien n’effraie pour tenter de reconquérir un pouvoir qu’il a perdu par sa propre faute et par sa manie de se prendre pour un personnage irremplaçable sur cette planète Terre.

Le voilà donc en route vers la Namibie où il compte « défendre » le candidat Jean Louis Robinson, en allant apporter des « preuves de fraudes massives » devant la Troïka de la SADC. Cette énième montée au créneau lui sera fatale aux yeux de la Communauté internationale toute entière qui, lors du second tour de l’élection présidentielle, le 20 décembre 2013, avait envoyé des centaines d’observateurs internationaux et, surtout, avait financé cette élection dans le but d’un rapide retour à l’ordre constitutionnel, après cinq ans de transition. Nonobstant le fait que cette démarche balaie aussi d’un revers de main la présence du médiateur Joachim Chissano et de Leonardo Simao -que Ravalomanana prend donc pour quantité négligeable-, la réponse de la Troïka de la SADC sera simple, clair et limpide, une bonne fois pour toutes :

Monsieur le Président, vous ne devez pas être censé sans savoir, depuis tout ce temps, que les principes et les valeurs de la SADC reposent sur le respect de l’intégrité territoriale et la souveraineté des Etats membres. La SADC reconnaît et respecte la compétence, la légitimité et l’indépendance des systèmes judiciaires de ses Etats membres. La SADC n’a pas le pouvoir de s’ingérer ou d’annuler quelque condamnation judiciaire par le tribunal national de tout Etat membre.

En malgache, cela donne :

Andriamatoa Filoha, asa fa tokony fantatrao tsara mihitsy, fa ny feni-kevitra sy ny soatoavin’ny SADC dia mifototra amin’ny fanajana ny maha iray tsy anombinana ny tany sy ny maha masi-mandidy ny Firenena mpikambana. Ny SADC dia manaiky sy manaja ny fahaiza-manao, ny fahamarinana ary ny fahaleovantenan’ny rafi-pitsaran’ireo Firenena mpikambana ao aminy. Ny SADC dia tsy manana fahefana hisalovana na hanafoana ny fanamelohana ara-pitsarana sasantsasany nataon'ny Fitsarana ao amin’ny Firenena izay ao anatin’ny Firenena mpikambana.

Rappels historiques

Le 17 mars 2009, après avoir dissous son gouvernement et remis les pleins pouvoirs à un Directoire militaire qui n’était même pas prévu dans la Constitution de la IIIè république, Marc Ravalomanana disparaît dans la nature pour reparaître, une semaine plus tard, au Zimbabwe où, devant la Troïka de la Sadc, il a parlé de « fuite dans la forêt » et de « pistolet contre la nuque », donc de « coup d’état »

Les paroles s’envolant mais les écrits restant, ci-après de larges extraits d’une « lettre » de Ndimby A, adressée à Marc Ravalomanana, et parue dans Madagascar Tribune en ligne, du 25 mars 2009.

Lettre de Ndimby A. à Marc Ravalomanana, en date du 25 mars 2009

« Je n’ai pas eu l’occasion de vous fréquenter et de faire partie de vos différents cercles : ni Tiko Boy, ni TIM, ni Représentant résident du FMI ou ambassadeur de l’Union européenne, ni originaire d’Imerinkasinina, ni membre du bureau FJKM, ni entrepreneur chinois, ni dadarabe… Je n’en ai jamais été malheureux, car être un courtisan n’a jamais été dans ma vocation, ni dans mes ambitions. Vous connaissant despotique et me sachant incapable de servilité, je suis convaincu que nous n’aurions jamais pu nous entendre. Je n’aurais donc jamais pu être votre conseiller, car je n’aurais jamais supporté d’être le conseiller de quelqu’un qui n’en fait qu’à sa tête. Ainsi, je suis convaincu que je n’ai rien perdu à ne pas vous fréquenter. Par contre, j’ai la prétention de penser, modestie mise à part (mais pas inexistante…) que vous auriez pu y gagner, du moins si vous m’aviez prêté une oreille attentive.

Le passé lointain…

Déjà, je vous aurais dit, durant le premier bimestre 2002, (…) de ne pas vous fourvoyer dans un processus insurrectionnel et d’aller au second tour prévu par la HCC. Ainsi, vous n’auriez pas prêté le flanc à des critiques fort fondées. Vous avez été auteur d’un coup d’état, vous n’avez aucune crédibilité à vous plaindre d’en être victime aujourd’hui. Ny vola azo amin’ny makarakara dia very amin’ny kilaodaoka : l’argent qu’on acquiert de manière peu claire se perd de manière confuse. Il en est de même du pouvoir.

Je vous aurai conseillé, depuis 2002, de procéder à un alignement de vos discours et de vos actes. Vos principes étaient brillants et séduisants. Fahamarinana sy fahamasinana (intégrité et sacralité), bonne gouvernance, démocratie, prise de responsabilité, rigueur dans la gestion des finances publiques, lutte contre la corruption, piété (voire dévotion). Hélas, on ne retient maintenant de vos actes que votre mégalomanie qui vous a fait acheter un avion de 60 millions de dollars ; la confusion entre votre business propre et les affaires de l’État ; et surtout, vos histoires de bouc et d’amulettes. Cela fait désordre, pour un Vice-Président de la FJKM.

Mais surtout, je vous aurai suggéré de tout faire pour vaincre les défauts qui sont venus de vos qualités. Vous n’avez jamais renié vos origines paysannes et modestes. Vous avez commencé livreur de lait sur votre vélo. Puis, petit à petit, à force d’opiniâtreté, vous vous êtes fait à la force du poignet, pour devenir le patron du plus important et du plus moderne complexe agro-industriel de Madagascar. Puis vous êtes devenu Maire de la Capitale du pays, avant d’accéder à la fonction de Chef de l’Etat. Cette success story, unique à Madagascar et rare dans le monde, vous a donné de vous-même une opinion trop haute qui vous a coupé des réalités, et a forgé en vous un complexe de supériorité qui a causé votre perte. Vous pensiez que tout le monde vous devait obéissance, et était à votre disposition : en fait, vous n’avez pas réussi à faire la nécessaire transition entre le personnage de PDG de Tiko et celui de Président de la République.

Le passé proche et le présent…

Dans l’histoire très récente, je vous aurais vivement, instamment et vigoureusement, recommandé de ne pas attaquer Andry Rajoelina en frontal depuis son élection à la Mairie, mais d’en faire un dauphin temporaire, le temps de le calmer. Cela vous aurait assuré par rapport à lui une relative tranquillité jusqu’à 2012, et de ne pas faire naitre en lui des ambitions. Je vous aurai aussi préconisé de respecter les êtres humains, et de ne pas les traiter (surtout publiquement) comme s’ils n’étaient que des objets. Combien de personnes avez-vous admonesté et humilié publiquement, souvent à tort et inutilement ? Cela vous a fait des ennemis potentiels, donc des traitres. Je vous aurai également prôné de suivre les règles de gestion de l’armée, pour ne pas créer des frustrations dangereuses chez les officiers supérieurs.

Ensuite, je vous aurai suggéré d’avoir une analyse plus intelligente de la force qui se trouvait derrière Andry Rajoelina depuis son élection, et de ne pas procéder à cette ridicule fermeture de Viva TV pour ne pas donner des armes à quelqu’un qui n’attendait que ça pour enclencher son mouvement. Et même pendant la crise, je vous aurai conseillé de ne pas nommer de PDS (Note de madagate : Marc Ravalomanana avait nommé Guy Rivo Randrianarisoa), pour ne pas redonner à l’insurrection un second souffle. Au contraire, je vous aurais poussé en Février à prendre l’initiative d’un gouvernement de réconciliation et d’union nationale, et de couper l’herbe sous les pieds du coup d’état en gestation.

Comme la plupart des Malgaches, j’ai appris aujourd’hui que vous avez réussi à quitter le pays et à vous rendre au Swaziland. Sincèrement, j’en suis content pour vous. D’une part, si vous étiez resté au pays, ils auraient fini par vous attraper, en utilisant les mêmes méthodes que vous avez utilisées pour Coutity. D’ailleurs, ce dernier a été sorti de sa geôle, sans doute avec pour objectif de le mettre à votre recherche : personne n’aurait été plus motivé que lui. Connaissant votre orgueil, vous ne vous seriez pas laissé capturer facilement, et l’issue aurait pu vous être fatale. Cela aurait été grave pour vous, mais aussi grave pour le pays qui aurait été plongé de facto dans une guerre civile entre vos supporters et leurs ennemis (…) Dans le climat de haine actuel entretenu par un ramassis de revanchards hystériques, votre intégrité physique aurait été très aléatoire. Votre départ est donc mieux pour tout le monde dans le contexte actuel, à commencer par vous et votre famille

Le futur…

Il semblerait que votre séjour au Swaziland aurait pour objectif de négocier une solution auprès de la SADC, et que l’option militaire pourrait être à l’étude. Je vous recommande également de ne pas vous fourvoyer dans cette opération. Madagascar n’est pas les Comores, et une opération armée de la SADC n’a aucune chance de réussir. De plus, en faisant venir des militaires africains pour se battre contre des militaires malgaches et vous aider à vous réinstaller au pouvoir, vous vous couperez irrémédiablement d’une grande partie de l’opinion publique nationale et internationale. Ne gâchez pas l’immense potentiel que vous avez d’un retour par la grande porte plus tard. Les Malgaches forment un peuple qui a la mémoire courte : souvenez-vous de Ratsiraka en 1997. Et les Malgaches forment un peuple-mouton : PSD en 1972, AREMA en 1980, Hery Velona en 1991, TIM en 2002, TGV en 2009. Laissez passer l’orage.

Soyez lucide sur vos chances faibles de revenir de façon sereine au pouvoir tout de suite. Par contre, appuyez de toutes vos forces la lutte pour la légalité qui se déroule ici, et ne laissez pas vos troupes désarmées. Par contre, renforcez le TIM pour qu’il continue à être une force politique, et cultivez intelligemment la réticence de la communauté internationale envers ce régime de transition. Toutefois, utilisez des moyens nobles, et non des moyens de délinquants juvéniles comme le terrorisme moral envers ceux qui ne partagent pas votre point de vue, les pillages, les incendies, les intimidations, la fabrication de mutineries, les amitiés néo-coloniales avec une puissance étrangère, la propagation de rumeurs en utilisant des journalistes radio sans foi ni loi etc. (…)

Ceci étant dit, je tiens à être franc envers vous : je n’ai jamais voté ni pour vous, ni pour votre parti politique. Et même si vous reveniez un jour, je ne pense pas que je le ferai. Je suis de la pire espèce : la majorité silencieuse et abstentionniste, désabusée de la politique à Madagascar, et peut-être quelque part, un peu coupable de la situation actuelle. Prenez donc ces conseils comme ils sont : gratuits, désintéressés, et sans doute, inutiles. Mais au moins, j’ai dit ».

A celui qui aime bien prononcer le nom de Dieu, quand çà l’arrange, voici de quoi lui faire comprendre sa folie…

Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grâce ; mais les lèvres de l'insensé causent sa perte. Le commencement des paroles de sa bouche est folie, et la fin de son discours est une méchante folie.

L'insensé multiplie les paroles. L'homme ne sait point ce qui arrivera, et qui lui dira ce qui sera après lui ? -L’Ecclésiaste 10 : 12, 13, 13-

Un dossier de Jeannot Ramambazafy – 7 janvier 2014

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