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Promotion pour le développement culturel et social de Madagascar

Publié le par Jeannot Ramambazafy
L’affiche unique du film « Textes, mensonges et démago », avec comme second rôle J-L Robinson, coincé ici et littéralement effacé par Marco Ravalo, l’ancienne star déchue à cause du flop du film à grand spectacle « Welcome Tikoland »… Trop de textes, trop de mensonges, trop de démago...

L’affiche unique du film « Textes, mensonges et démago », avec comme second rôle J-L Robinson, coincé ici et littéralement effacé par Marco Ravalo, l’ancienne star déchue à cause du flop du film à grand spectacle « Welcome Tikoland »… Trop de textes, trop de mensonges, trop de démago...

Il existe un film de Steven Soderbergh, intitulé « Sexe, mensonges et vidéos » (Sex, Lies and Videotape). C’est l’histoire de Graham Dalton collectionnant les interviews vidéo de femmes qui racontent sans ambages leur vie sexuelle. De retour dans sa ville natale, il retrouve un ancien copain de fac, qui a « réussi », et sa femme. Cette rencontre va avoir pour tous des conséquences surprenantes…

Voici un dossier qui n’entre pas du tout dans la science fiction ou le roman (histoire créée de l’imagination d’un auteur).

A Madagascar, nous sommes en pleine campagne électorale pour l’élection présidentielle du 25 octobre 2013 et, à une dizaine de jours de ce scrutin, tout ce qu’on lit, entend et voit n’est vraiment rien que textes, mensonges et démago. 33 candidats ont déboursé 250 millions d’anciens francs pour pouvoir s’aligner dans cette « course » et la majorité croit dur comme fer qu’elle sera élue, tellement elle est enivrée par une foule toujours compacte, seulement venue quémander T-shirt et casquette et assister à un spectacle. Et plus le temps passe, plus les textes, les mensonges et la démagogie s’amplifient. A présent qu’ils ont le micro, ils se croient des stars et débitent tout ce qui leur passe par la tête : chaque problème de chaque région visitée sera résolu s’ils sont élus. Des airs de déjà vu et entendu depuis plus d’un demi-siècle. Mais c’est autre chose d’être au pouvoir et de ne pas l’être encore. Cela demande, avant tout, une parfaite maîtrise de soi. Même si une campagne électorale à Madagascar revêt toujours un aspect folklorique… Et tous jouent le jeu en dansant, en chantant. Des vedettes, je vous dis !

Alors que Roland Ratsiraka assure qu’il va changer la face de Madagascar en 100 jours et qu’il créera un ministère du riz, Saraha Georget, de son côté, veut faire croire qu’avant elle, le micro-crédit n’existait pas et que de son regard de myope sortira la potion verte (« maitso ») pour une vie meilleure. Seconde femme dans le lot, Brigitte Rasamoelina, ancien mairesse d’Ambohimalaza me fait penser à un gros minou qui débite des miaulements trop inaudibles pour lui permettre de passer le cap des 02% engrangés par Elia Ravelomanantsoa, en 2006. De son côté, Patrick Raharimanana, le Malagasy issu de toutes les provinces de l’île, promet un million d’emplois dès son élection, et tous auront un salaire d’un million d’anciens francs par mois.

Monja Roindefo, lui, joue l’ange tombé du ciel (« anjely latsaka an-tany »). Il assure qu’il respectera tout… Il a intérêt à donner le bon exemple en se séparant de son 4X4 Hummer à un milliard. Cela fait trop criard dans cet océan de pauvres malagasy… L’ami Pierrot Rajaonarivelo, lui, ne promet pas la lune mais c’est un peu comme. Or, son passage à la primature n’a pas laissé de souvenirs impérissables dans l’esprit de la majorité des Malagasy. Deux fois ministre des Affaires étrangères, j’ignore son bilan, après des années de journalisme. Parce qu’il n’y en a jamais eu. Ce furent plutôt des étranges affaires qu’il a élaboré…

Si Hajo Randrianainarivelo se veut être le « candidat de la victoire », en dénigrant le régime de transition dans lequel il avait un poste privilégié qui lui a permis de mieux se faire connaître que les autres -en appliquant les idées du Président de la Transition-, Camille Vital, lui, manque un peu de vitalité en s’apitoyant sur une histoire de trois centaines de 4X4 dont on ignore tout, en fin de compte. Mais parole d’officier, il les donnera aux forces de l’ordre, qu’il soit élu ou non. Car Camille Vital entend prioriser la sécurité… Pour ce qui est de Lahiniriko Jean, il se veut tellement technique qu’on ne comprend plus rien du tout où il veut en venir. Edgard Razafindravahy, paré des couleurs du parti Tgv, avance à toute vapeur mais son discours est faiblard, en regard de l’importance du poste convoité.

En fait, tous font de l’autosuggestion, ayant sûrement entendu parler du docteur Émile Coué de La Châtaigneraie. Vous ne connaissez pas la guérison par l’autosuggestion ? La méthode Coué ?

En parlant médecine, justement, le bon docteur Jean-Louis Robinson, quant à lui, taxé de candidat « favori », ne doit pas dormir la nuit. En effet, avec Lalao Ravalomanana à ses côtés et Marc le mari, se mettant au devant de la scène, le fameux judoka d’antan n’est plus qu’une marionnette qui parle par automatisme de la gloire perdue de l’ère Ravalomanana : Map, Tiko et compagnie. A quoi diable lui sert vraiment ces « notes opérationnelles » le concernant, envoyées par mail, étant donné qu’il ne sera jamais maître de son destin présidentiel, ayant pactisé avec le diable ? Doc Robinson parle de mettre sur pied la Haute cour de justice (pourtant une obligation du nouveau président élu, inscrite dans la nouvelle Constitution), alors que son diable de maître ne s’en est jamais soucié. Malgré son apparence, l’ancien ministre de la Santé semble avoir reçu un coup d’arrêt. Cela ne pardonne pas mais il devra boire le vin jusqu’à la lie. Aussi étrangement que cela puisse paraître, il porte le numéro… 33. Celui qu’un médecin vous dit de prononcer parfois. En tout cas, personnellement, j’ai honte pour Mister Robinson car il est tombé très bas, devenu un homme sans squelette (« olona tsy misy hazon-damosina »). Pour ce qui est de Tabera Randriamanantsoa, il remporte la palme avec son idée de « fédéralisme à la malgache » qu’il ne peut, lui-même, pas expliquer clairement.

Concernant Hery Rajaonarimampianina, il semble plus sérieux que l’ensemble. Non pas parce que je porterai mon choix sur lui -et c’est bien mon droit de citoyen le plus strict-, mais parce qu’il dit des trucs qui intéressent l’oreille. Il a des pensées locales pour une vision globalisée des affaires de l’Etat et n’en rajoute pas trop par rapport aux autres. Et puis, mine de rien, en quatre ans il a pu prouver qu’il sait gérer les deniers de l’Etat. Je prends à témoin, ici, les grandes institutions financières mondiales et leurs récents rapports, et non pas les critiqueurs qui inventent des « preuves »… Certes, Hery Vaovao promet, comme les autres, mais, au moins, il explique en allant de l’avant. Sans parler des autres. Sans en dire du mal. Et c’est cela qui manque à ces autres qui passent leur campagne à émettre des phrases toutes faites mais qui ne tiennent la route que l’instant de leur diffusion. Je ferai ceci et/ou cela. Mais comment ? Aucun ne peut se fendre d’un exemple de projection concrète. En donnant un exemple précis et chiffré. Le développement c’est améliorer ce qui existe déjà et non le détruire pour mettre à la place des machins qui ne dureront pas bien longtemps. Je parle en connaissance de cause.

Julien Razafimanazato, lui, met l’éducation en exergue. Evidemment, il était brièvement ministre de ce domaine. Mais éducation de qui, de quoi et surtout comment encore une fois ? Cela me fait penser à la malgachisation de Manandafy en 1972. Cri du cœur mais sans aucun appui didactique ni professeurs formés. L’échec était prévisible bien que l’idée fut très excellente en soi. La fameuse idée bonne, note zéro que j’ai moi-même reçu en rédaction hors sujet. Si le Général Ratrimoarivony Guy n’a d’autre ambition, pour réécrire l’Histoire, que d’abattre le régime de transition (idée assez idiote car la transition cessera dès l’élection d’un nouveau président), Patrick Rajaonary, lui, fera en sorte que l’enseignement sera gratuit au niveau du primaire. Pince-sans-rire de ces 33 candidats, il déclare sentencieusement qu’il est offusqué par « les embouteillages crées par ces cohortes de 4X4 qui font la campagne électorale, gênant les gens pour aller travailler ». Il n’a vraiment rien de mieux à dire pour critiquer les autres ? Voninahitsy Jean Eugène, quant à lui, pour avancer et non pas reculer, ajoute la gratuité des soins médicaux à celle de l’enseignement primaire. Quant au milliardaire Sylvain Rabetsaroana, il fait dans la démagogie à l’état pur, en allant, pour la première fois de sa vie, chez les lavandières de génération en génération. Il ferait un excellent chef Fokontany (quartier en français). Et Fetison Rakoto Andrianirina ? Il va privilégier l’HIMO (Haute intensité de main-d’œuvre). Ah bon ?... C’est un bon début en tout cas.

Enfin, il y a le saint du groupe, Radavidson Benjamin Andriamparany, qui reprend à chaque fois le « Fahamarinana » (vérité) de son ancien patron Ravalomanana. La nostalgie sans doute. Un adage dit : trop poli pour être honnête, même si je sais qui l'a vraiment élevé et éduqué...

Les « petits » candidats, eux, se comportent comme s’il s’agissait d’une élection de quartier, lisant des textes qu’on entend mais que personne n’écoute. Par ailleurs, Vahömbey, Rakoto Jean Louis, Dadafara… sont des êtres sensibles, sentimentaux. Comme le commun des Malagasy. Sans plus. Ils veulent faire quelque chose mais s’y sont mal pris. On ne va pas au 7è étage en sautant du rez-de-chaussée. Il faut gravir les marches des 1, 2, 3, 4, 5, 6 étages auparavant… Et même avec un ascenseur turbo, il faut passer par ces étages.

J’en ai oublié ? C’est certain et évident, vu qu’ils agissent comme s’ils n’étaient pas présents. Tiens, deux petites exceptions : Tinasoa Freddy qui prête serment avant l’heure, pour déclarer qu’il sera « clean » et Faharo Ratsimbalson qui ne fera aucune campagne électorale. Il faut avouer, cependant, que les moyens financiers et logistiques ne sont pas les mêmes… Mais on aura beau user sa salive pour qu’il y ait plus de transparence à ce sujet, il apparaît que c’est une « spécificité permissive » bien malagasy qu’on n'ose pas aborder. Comme ces ministres et chefs d’institution qui s’affichent avec leur candidat. Une loi existe mais jamais suivie depuis des décennies. Bof, une fois revenus à la réalité, les perdants prévisibles auront tout à loisir de mettre sur leur carte de visite : candidat président en 2013. Cela fait « chic »… (Encore de l’autosuggestion pour les gogos).

Voilà le topo à quinze jours du scrutin. Du vrai vaudeville (comédie sans intentions psychologiques ni morales, fondée sur un comique de situations), à longueur de soirées sur la TVM (chaine de télévision nationale). Les seuls bénéficiaires immédiats de tout cet argent, somme toute, jeté par la fenêtre, sont les artistes auteurs-compositeurs. Pour Jean-Louis Robinson, le pauvre, c’est l’air de Bodo qui a été repris (« Ravalomanana no hitondra-tsika »)…

Faut-il s’attendre à des déclarations plus consistantes, lors du « fara-doboka » (apothéose)? Je ne le pense pas vraiment. Ce sera la fête à tout… casser. En tout cas, au moins, tous tombent d’accord qu’il faut mettre un terme à l’insécurité généralisée. Et ils devraient savoir que trop de promesses ("fampanantenana") fait… dégringoler.

Y-aura-t-il un second tour ? Et qui seront les deux finalistes ? Je ne suis pas un devin ni un pronostiqueur de turf. Mais il est certain qu’il y aura des… conséquences surprenantes. Bonnes ou mauvaises ? Cela dépendra des textes, mensonges et démago qui vont encore abrutir l’électorat pour plus d’une semaine. En tout cas, je constate qu’après plus d’un demi-siècle, les Malagasy d’aujourd’hui -ceux qui iront voter ou non- ne se sentent pas du tout concernés de l’avenir de leurs descendants. Chacun semble vouloir faire son développement personnel sachant qu’il vaut mieux mourir demain qu’aujourd’hui. A croire qu’une période de transition fait leurs affaires. Ben, ils vivront grands-parents avec les mêmes problèmes que dans leur enfance s'ils persistent à oublier que la Nation c’est bel et bien eux et les générations futures. Leur vie va s’arrêter, mais la vie continuera encore et toujours. La fin des temps c’est quand vous mourrez comme les milliards d’êtres humains qui nous ont tous précédé. Pensez-y.

Jeannot Ramambazafy – 9 octobre 2013

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